‹ Contes historiquesChapitre 4 sur 8 · BERTRAND DUGUESCLIN · texte numérisé non relu

BERTRAND DUGUESCLIN

Dieu^ celui-là n'est peut-être pas à moi^ on me l'aura changé en nourrice ; il est impossible que j'aie donné le jour à un être aussi méchant aussi insubordonné.

Sans écouter ces paroles, qui sans doute eussent fait rentrer Bertrand en lui-même,^ le petit Duguesclin continuait ses prouesses contre la table, la frappant du pied, criant, hurlant, se meurtrissant les poings, aUant de la table aux chaises, des chaises aux plats renversés, qu'il poussait du pied. De là, il menaçait les valets, qui, se tenant écartés,^ attendaient les ordres de leur maîtresse pour saisir le mutin,^ et ne s'arrêta que fatigué, harassé, les mains en sang, le front baigné de sueur.

— Saisissez- vous de cet enfant, dit la dame Duguesclin aux valets quand l'émotion et ses larmes lui eurent permis de parler ; et ce n'est point dans sa chambre que vous le porterez, c'est dans le souterrain ; à main droite,^ à la dernière marche de l'escalier, il y a un caveau

^ qui sans doute .... lui-même| which no doubi nxmldhave r$' ealled Bertrand to hirnself,

' se tenant écartés, keeping asidâ,

3 pour saisir le mutin, io seize hold of the rrfraotory child,

^ à main droite, <m the right hand nde.

52 OONTES HISraBIQUBS.

qui ne sert à rien,' enfermez-y oet en&nt, et qu'il y reste huit jours au pain et à Feau,^ sans Toir personne,

— O maman ! pardon pour Bertrand^ pardon, maman ! s'écrièrent les deux autres enfonts en joignant leurs petites mains devant leur mère.

— Point de pardon pour les méchants ! répliqua la dame Duguesclin d'un ton sévère ; et Tous^ mes enfants, venez dans mes bras, venez consoler votre pauvre mère du chagrin mortel que lui cause votre frère aîné. Yenez, je suis bien malheureuse !

Au même instant la porte de la salle i manger s'ouvrit: une femme vêtue de noir, en costimie de religieuse, s'arrêta sur le seuil, promenant un regard étonné sur^ le spectacle qui s'oârait à sa vue.

D'abord, une table renversée, des débris de porcelaines et de viandes épars sur le carreau ; un ruisseau d'eau et de vin sillonnant çà et là ;^ puis, en face, la dame Duguesclin, pâle, les

^ qai ne sert à nea, whiêh iso/na use.

s au pain et à l'eau, on hread andtvaUr, ' promenant un regard étonné sur, fflaneinç with ûtêêniahmmtai, * sillonnant ça et là, makinç a track Âen and thert.

Page 1