Toutes les affaires. (Voyez page '200, note
2i4 QUATRIÈME PARTIE.
Ta femme, étant jument forte et memhrue. Ira plus vite : et sitôt que chez toi Elle sera du marché * revenue, Sans pain ni soupe, un peu d'herbe menue Lui suffira. >: Pierre dit : « Sur ma foi ! Messire Jean, vous êtes un sage homme ^ Voyez que c'est d'avoir étudié !
Vend-on cela? Si j'avois grosse somme, Je vous l'aurois, parbleu! bientôt payé. » Jean poursuivit : u Or çà, je l'apprendrai Les mots, la guise, et toute la manière Par où jument, bien faite et poulinière, Auras de jour, belle femme de nuit.
Corps, tête, jambe, et tout ce qui s'ensuit Lui reviendra : tu n'as qu'à me voir faire. Tais-toi surtout : car un mot seulement Nous gàteroit tout notre enchantement; Nous ne pourrions revenir au mystère, De notre vie : encore un coup, motus.
Bouche cousue; ouvre les yeux sans plus : Toi-même après pratiqueras la cho>e. »
Pierre promet de se taire, et Jean dit :
l.On lit ici logis, au lieu démarché, dans toutes les éditions publiées du vivant de l'auteur. C'est évideininent une faute d'impression.
■■2. Un sage homme, c'est-à-dire un savant homme, suivant l'ancienne signification du mot sage. Charles le Sage, par exemple, sigoifie Charles le savant.
« Sus, Magdeleine, il se faut, et pour cause,
Dépouiller nue et quitter cet habit.
Dégrafez-moi cet atour des dimanches :
Fort bien. Otez ce corset et ces manches :
Encore mieux. Défaites ce jupon :
Très-bien cela. » Quand vint à la chemise,
La pauvre épouse eut en quelque façon
De la pudeur. Être nue ainsi mise
Aux yeux des gens ! Magdeleine aimoit mieux
Demeuier femme, et juroit ses grands dieux
De ne souffrir une telle vergogne.
Pierre lui dit : « Voilà grande besogne !
Eh bien! tous deux nous saurons comme quoi
Vous êtes faite; est-ce, par votre foi,
De quoi tant craindre? Et là là, Magdeleine,
Vous n'avez pas toujours eu tant de peme
A tout ôter. Comment donc faites-vous
Quand vous cherchez vos puces? dites-nous.
Messire Jean, est-ce quelqu'un d'étrange * ?
Que craignez-vous ? Eh quoi ! qu'il ne vous mange?
Ci, dépêchons: c'est par trop marchandé.
Depuis le temps, monsieur notre curé
Auroit déjà parfait son entrepris". »
Disant ces mots, il ôte la chemise.
Regarde faire, et ses lunettes prends