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LA CHOSE IMPOSSIBLE

Un démon, plus noir que malin,

Fit un charme si souverain

Pour l'amant de certaine belle, Qu'à la fm celui-ci posséda sa cruelle. Le pact ^ de notre amant et de l'esprit follet, Ce fut que le premier jouiioit à souhait

De sa charmante inexorable, « Je te la rends dans peu, dit Satan, favorable; Mais par tel si -, qu'au lieu qu'on obéit au diable

Quand il a fait ce plaisir-là, A tes commandemepts le diable obéira

Sur l'heure même; et puis sur la même heure. Ton serviteur lutin, sans plus longue demeure,

1 Au lipii de pacte, par licence poétique. 2. A telle condition.

'ra te demander autre commandement

Que tu lui feras promptement ; Toujours ainsi, sans nul retardement :

Sinon ni ton corps ni ton âme

N'appartiendront plus à ta d ime; Us seront à Satan, et Satan en fera

Tout ce que bon lui semblera. »

Le galant s'accorde à cela.

Commander étoit-ce un mystèreV

Obéir est bien autre affaire.

Sur ce penser-là notre amant S'en va trouver sa belle, en a contentement; Goûte des voluptés qui n'ont point de pareilles; Se trouve Irès-heureux, horniis qu'incessamment

Le dialle étoit à ses oreilles.

Alors l'amant lui commandoit

Tout ce qui lui venoit en tête; De bâtir des palais, d'exciter la tempête : En moins d'un tour de main cela s'accomplissoit.

Mainte pistole se glissoit

Dans l'escarcelle de no!re bomnie.

Il envoyoit le diable à Rome :

Le diable revenoit tout chargé de pardons ^

1. Le dernier huitain d'un vieux poème : l'Amant rendu cordelier à l'observance d'amour, commence ainsi :

Plusieurs gens envoient à Rome Qui à leurs huis ont le pardon.

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