GOMES T. II
306 QUATRIÈME l'AUTlE.
VI. Féronde, ou le Purgatoire. La Fontaine a directement emprunté ce conte à Boccace, nouvelle m de la VHP Journée du Décaméron. En voici le sommaire en italien : « Feronda, mangiata certa polvere, è sotterrato per morto, e dall' abate, che la moglie di lui si gode, tratio délia sepoltura e messo in prigione e fattoïli credere che egli è in purgatorio ; et poi risiiscitato, per suo nutrica un figliuolo dello abate nella moglie di lui generato. »
I.a dernière nouvelle de la Terza Cena del Lasca ofifre un récit qui mérite d'être comparé avec celui de Boccace et de La Fontaine. En voici le sommaire : « Lorenzo Vecchio de' Medici da due travestit! fa condurre maestro Manente ubriaco una sera dopo cena segretamente nel suo palagio, e quivi e altrove lo liene senza sapere egli dove sia, lungo tempo al buio, facendogli portar mangiare da due iminascherati; dopo, per via del Monaco buffom^ da a credere aile persone lui esser morto di peste, perciocchè cavato di casa sua un morto, in suo scainbio lo fa disotterrare. 11 Magnifico poi cou modo slravagante manda via maestro Manente, il quale finalment', creduto morto da ogniino, arriva in Firenze, dove la moglie, pensando che fusse l'anima sua, lo caccia via come se fusse lo spirito, e dalla gente avuto la corsa, trova solo Burchiello che lo riconosce, e piatendo prima lu moglie in vescovado, e poi alli Otto, è rimessa la causa in Lorenzo, il quale fatto venire N»'po da Galotrana, fa veder aile persone ogni cosa essere intervenuta al niedico per forza d'incanti ; sicche riavuta la donna, maestro Manente piglia per suo avvocato san Cipriano.
« Laurent de Médicis l'Ancien fait conduire le soir dans son palais, par deux hommes travestis, le docteur Manente ivre, et le tient là et ailleurs dans les ténèbres, sans lui ap[>rendre où il est, lui faisant porter à manger par deux hommes masqués. Après cela, par le moyen du bouffon Monaco, ajant fait accroire qu'il est mort de la peste, il fait prendre à sa porte un mort que
REM A H ou ES. 307
Ton enterre à sa place. Alors le Magnifique fait transporter ailleurs le docteur d'une manière extraordinaire; et tandis que tout le monde croit le médecin mort, il arrive à Florence. Sa femme veut le chasser comme un esprit qui revient. On le poursuit, et il ne se trouve (jue Burchiello qui le reconnaisse. Maneiiie va accuser sa femme à l'évêché, puis aux Huit: l'affaire est renvoyée par-devant le Magnifique, qui fait venir Nepo de Galatrona et montre que tout ce qui est arrivé au médecin est l'effet d'un sortilège. Manente recouvre sa femme et prend pour patron saint Cyprien. »
Des contes analogues existent avant et après Boccace. Un fabliau de Jean de Boves, le Villain de BaïUeul^ est fondé également sur une mort imaginaire. Voyez aussi la deuxième nouvelle de ]aSeconda Cena dd Lasca: histoire de Folananna ; — Contes et Joyeux Devis de Bonaventure Despériers, nouvelle LXX : « De maître Berthaud, à qui on fit accroire qu'il estoit mort. » Voyez Novelle Porretnne, n" /il ; — Malespini, Ducento NovellejW 95 de la seconde partie; — h^ Grand Parangon des Nouvelles nouvelles, n" 87. Il n'est pas besoin de rappeler la fable de rivrogne et sa femme (111, vu).
La même idée a été souvent exploitée au théâtre. Elle a fourni notamment le deuxième acte des Trois Commères, de Le Sage, d'Orneval et Piron (1723).
Le prologue sur le Vieil de la Montagne a été snggéré à La Fontaine par une phrase du Décameron, où il est dit, que la poudre dont se servit l'abbé pour endormir Féronde était « una polvere dl maravigliosa virtu laquale nelle parti di Levante avuta avea da un gran principe, il quale affermava quclla solersi usare per lo Vfglio délia Montagna, quando alcun voleva dortnendo mandare nel suo paradiso o trarlone. » L'histoire du Vieil de la Montagne a été racontée par le célèbre voyageur Marco Polo, chapitre xl et xli de sa. Relation: