‹ ContesChapitre 139 sur 193 · OEiivres complètes de Molière, t. II, p · texte numérisé non relu

OEiivres complètes de Molière, t. II, p

son orgueil sont cause de sa mésaventure, et qu'elle ne s'en prenne qu'.\ elle-même. Au moins il y a ici une apparence de moralité:

Vous qui avez oï ce conte,

Orguiex, desdaing ne vous surmonte;

Mariez-vous selonc le sens,

Adonc quant lieus en iert et tens.

Le Grand l'urangon des Nouvelles nouvelles reproduit cette facétie, nouvelle 166.

XI. Pâle d'anguille. Ce conte est tiré de la dixième des Ceiil Xoiivelles nouvelles.

XII. Les Luneiies. Ce conte est tiré de Bonaventure Despériers, nouvelle l.XIV : « Du garçon qui se nomma Toinette pour être reçu en une religion de nonnains, et comment il ût sauter les lunettes de l'abbesse qui le visitoit. » Dans la nouvelle de Bonaventure Despériers, le récit s'arrête à l'incident des lunettes. Il finit ainsi : « Sœur Toinette eut congé de s'en aller, avec promesse de sauver l'iionneur des filles religieuses. »

L'allégorie des deux lacets est dans le Moyen de parvenir, au mot Annotation, XLIII. Elle est aussi dans un prologue facétieux de Bruscambille : Fantaisies, imaginations, parades. Rouen, 1615. On la trouve également parmi les Fantaisies et Dialogues de Tabarin, Paris, 1622, fantaisie et dialogue \LV: « Pourquoi les femmes aiment les hommes. »

XIII. Le Cuvier. Ce conte est dans les Métamorphoses d'Apulée, livre IX.

Il est dans Boccace, nouvelle ii de la VII' journée: « Peronnella mette un suo amante in un doglio ; tornando il marito a casa, il quale avendo il marito venduto, ella dice che venduto r ha ad uno che dentro v' è ;i vedere se saldo gli pare.

Il quale saltatone fuori, il fa radere al marito, e poi portarsenelo a casa sua. »

Un fabliau du xiir siècle a le même titre que notre conte ; il 3' a toutefois entre eux des différences essentielles. Dans le fabliau, le mari rentre chez lui accompagné de quatre autres marchands: l'amant, « un clerc de grant franchise. » est caché sous le cuvier. L'époux demande à sa femme de leur servir à dîner sur le fond de ce cuvier renversé, qui peut fort bien tenir lieu d'une table. Pour comble de disgrâce, ce cuvier a été emprunté à une voisine qui l'envoie chercher. La dame ne perd point la tête ; elle fait répondre à la voisine que, si elle savait le besoin qu'elle a du cuvier elle ne la presserait pas tant de le rendre. La voisine soupçonne l'aventure. Elle paye un ribaud pour crier : Au feu ! dans la rue. A ces cris, les quatre marchands se précipitent hors du logis, et pendant ce temps le clerc s'échappe, « qui n'ot cure de plus attendre ». Les marchands rentrent en disant que c'est un ribaud ivre qui fait ce bruit. Voyez ms. F. fr. de la Bibliothèque nationale, 837, fol. 23Zi recto à 234 verso; — Barbazan, FaliUaux et Contes, t. ITL p. 91 ; — hecueil général et complet des Fablimix, par M. A. de Montaiglon, t. L p. 126.

Morlini, dans ses nouvelles, s'est borné à reproduire le texte d'Apulée, novella XXXV : De Adulteru qui uxnrcm, in prœsentia viri in dolio pernianenliii, relromarle delibabat.

XIV. La Chose impossible. On ne sait où La Fontaine a puisé l'idée de ce badinage, à moins qu'elle ne lui ait été suggérée par le Théâtre d'honneur et de chevalerie ^<^V-<^vyxi, cité p. 273, note 1.

XV. Le Magnifique. Ce conte est tiré du Décaméron, journée III, nouvelle v: « Il Zima dona a messer Francesco Vergellesi un suo pallafreno, et per quelle con licenzia di lui parla alla sua donna, ed ella tacendo, egli in persona di

31»; QUATRIÈiME PARTIE.

lei si risponde, e seconde la sua riposta poi Teffetto segue. » Il est reproduit dans le Grayid Parangon des Nouvelles yiDUvelles, nonveWQ Ib : « D'un jeune gallent qui donna un beau cheval à un homme pour parler à sa femme dont il esloit amoureux ; mais à la fin il jouit de ses amours. »

XV]. Le Tableau. Imité des Ragionamenii di Pietro Aretino, « giornata prima, nella quale la Nanna conta a la Antonia la vita délie monache ».

LA CLOCHETTE

Ohl combien l'homme est inconstant, divers,

Foible, léger, tenant mal ;>a parole !

J'avois juré hautement en mes vers ',

De renoncer à tout conte l'rivole :

Et quand juré? c'est ce qui me confond;

Depuis deux jours j'ai fait cette promesse.

Puis iiez-\ous à rimeur qui répond

U'un seul moment. Dieu ne fil la sagesse

Pour les cerveaux qui hantent les neuf Sœurs :

Trop bien ont-ils quelque art qui vous peut phiiri',

Quelque jargon plein d'assez de douceurs;

i. Vab. ÉJit. de Henry Desbordes, 1685 :

J'a70is jUré, même en assez beaux vert.

Mais d'être sûrs, ce n'est là leur aiïaire.

Si me faut-il trouver, n'en fût-il point,

Tempérament pour accorder ce point,

Et, supposé que quant à la matière

J'eusse failli, du moins pourrois-je pas

Le réparer par la forme en tout cas ?

Voyons ceci. Vous saurez que naguère

Dans la Touraine un jeune bachelier...

( Interprétez ce mot à votre guise :

L'usage en fut autrefois familier

Pour dire ceux qui n'ont la barbe grise;

Ores ' ce sont suppôts de sainte Église. )

l.e nôtre soit sans plus un jouvenceau

Qui dans les prés, sur le bord d'un ruisseau.

Vous cajoloit la jeune bachelette

Aux blanches dents, aux pieds nus, au corps gent,

Peiulant qu'Io * portant une clochette

Aux environs alloit l'herbe mangeant.

Notre galant vous lorgne une fillette

De celles-là que je viens d'exprimer.

Le malheur fut qu'elle étoit trop jeunette,

Et d'âge encore incapable d'aimer.

Non quà treize ans on y soit inhabile ;

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