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Voyez page ?4. note

Qu'il seroit pris ainsi qu'au trébuchet, Ou s'enfuiroit avec sa courte honte. »

Ces mots finis, madame Aminte son.

Une heure après, Gléon vint; et d'ahord

On lui jeta les joyaux et la boîte :

On l'auroit pris à' la gorge au besoin.

a Eh bien! cela vous semble-t-il honnête?

Mais ce n'est rien, vous allez bien plus loin. »

Alis dit lors, mot pour mot, ce qu' Aminte

Venoit de dire en sa dernière plainte.

Gléon se tint pour dûment averti.

« J'aimois, dit-il, il est vrai, cette belle;

Mais, puisqu'il faut ne rien espérer d'elle,

Je me retire, et prendrai ce parti.

— Vous ferez bien; c'est celui qu'il faut prendre,»

Lui dit Alis. 11 ne le prit pourtant.

Trop bien, minuit à grand'peine sonnant.

Le compagnon sans faute se va rendre

Devers l'endroit qu' Aminte avoit marqué.

Le rendez-vous étoit bien expliqué ;

Ne doutez pas qu'il n'y fût sans escorte.

La jeune Aminte attendoit à la porte:

Un profond somme occupoit tous les yeux;

Même ceux-là qui brillent dans les cieux

Ltoient voilés par une épaisse nue.

Comme on avoit toute chose prévue.

ti entre vite, et sans autre discours

Us vont... ils vont au cabinet d'amours.

Là le galant dès l'abord se récrie,

Gomme la dame étoit jeune et jolie,

Sur sa beauté; la bonté vint après;

Et celle-ci suivit l'autre de près.

(( Mais, dites-moi de grâce, je vous prie.

Qui vous a fait aviser de ce tour?

Car jamais tel ne se fit en amour :

Sur les plus fins je prétends qu'il excelle.

Et vous devez vous-même l'avouer. »

Elle rougit, et n'en fut que plus belle.

Sur son esprit, sur ses traits, sur son zèle,

Il la loua. Ne fit-il que louer'?

1. La Fontaine va beaucoup moins loin que Boccace dans sa conclusion. C'est la signora Filoména qui a raconté l'histoire; elle la finit par ces mots : Insiem3 con grand diletto si soUazz irone, e dato ordiuc a'ior fatti.sifecero che, senza averpiu a tornare a masser lo frate, moite altre notti con pari letizia insieme si ritrovarono : aile quali io inie^o Iddio per la sua santa miserlcordia che tosto conduca me c tulle l'anime cristiane che voglia ne hanno. » Trad. A. Le Maçon : « Ils prindrent leur soûlas ensemble avec grand plaisir et donnèrent depuis si bon ordre à leur cas que, sans avoir plus affaire de retourner devers ninnsi, ur le beau-père, ils se retrouvèrent ensemble plusieurs nuicts avec pareil plaisir; ausquelles nuicts je prie Dieu qu'il veuille par sa saincte miserico'.de me conduire bien tost et toutes les autres âmes chrestionnes qui en ont volonté. » Nous n'avons pas besoin de faire remarquer lout ce qu'il y a d'inconvenant dans une semblable application du finale ordinaire des sermons, faite surtout par une jeune feiume.

Contes T. IL

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