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Le Scamandre, fleuve de Mysie, en Asie, et voisin de PHellespont, prend sa source dans le mont Ida. On le nommait plus anciennement Xatilhe, ce qui a fait dire à Homère {Iliade, cil- X, v. 5?) qm; le nom de Xan'he appartenait à la langue des dieux, et celui de Scamandre â celle des hommes. Le Xanthe prit, dit-on, le nom de Scamandre après que Scamander s'y fut précipité dans un accès de délire que lui avait causé sa trop grande assiiiuité aux mystères de la mère des dieux. D'autres prétendent, au contraire, que le nom de Scamandre est le premier qu'ait porté ce fleuve, et qu'il fut nommé lyAu.u.a. â'j^soî fossio Herois) parce qu'Hercule, tourmenté par la soif, le fit jaillir en creusant la terre. Les ancii^ns avaient pour ce fleuve un respect religieux. Hésiode lui donne l'épithète de divin : ôe-o; inay.av-'^pc;. On sait jusqu'à quel point les femmes surtout portaient cette vénération. Les jeunes filles de la Troade lui consacraient leur virginité et allaient s'y baigner la veille -le leur mariage en prononçant cette formule : « Aâge p.cù, 2ica(j.avJp£, Tïiv ffapÔEviav ; reçois, ô Scamaudre, ma virginité.» Quelle était l'origine de cette coutume? Venait-elle de ce que l'on considérait le bain comme rigoureusement nécessaire la veille du mariage? Quoi qu'il en soit, l'anecdote mise en vers par La Fontaine est, selon toute apparence, unp corruption de ces vieilles traditions dont le sens primitif était perdu.
III. La Confidente sans le savoir, oh le Stratagème. Imité de Boccace, journée III, nouvelle 3 du Décamérorij dont voici le sommaire.
« Sotto spezie di confessionee di purissima coscienza una donna innamorata d'un giovane, induce. un solenne frato, senza Hvvedersene egli, a dar modo che il placer di lei avesse intero efîetto. »
C'est un solennel religieux (un solenne religioso ) qui dans Boccace joue le rôle de M"'* Alix. Il en est de même dans les Nouvelles Récrénlions et joyeux Devis de Bonaventure Des-
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périers, nouvelle CXIV : « D'une finesse dont usa une jeune femme d'Orléans pour attirer à sa cordelle un jeune escollier qui luy phtisoit. »
Ce trait est aussi rei)roduit dans ['Apologie pour Hérodote d'Henry Estienne, ch. xv II est dans Bebelius, lib. III Facet : De Aslulia mulierum, et dans un grand nombre de conteurs.
Lope de Vega, le grand auteur comique espagnol, en composa une comédie intitulée la Discrela ejiamorada (l'Amoureuse avisée). Lope de Vega substiiua au solennel religieux un vieillard recherchant une jeune personne dont il veut faire sa fpmme, et qui est aimée par son fils. I,a jeune femme prie le vieillard tie faire cesser les importunités de ce dernier. Enfin Molière a repris el perfectionné l'idée dans V École des maris. Voyez la notice préliminaire de cette pièce dans notre édition de Molière, t. II, p. 22^.
IV. Le Remède. Cette anecdote est une de celles dont la source se dérobe à nos recherches.
V. Les Aveux indiscrets. La source où La Fontaine a puisé ce trait, ce sont les contes de d'Ouville, où il se trouve sous ce titre : « Naïveté d'une dame à son mari la première nuit de ses notées. » Mais les facéties de ce genre remontent bien plus haut. Voyez Poggii Faceliœ : Repe)isa fnerces; — Aicod. Frischlini Faceliœ: Par pari relalum ; —la huitième des Cent Nouvelles nouvelles du roi Louis XI ; — Malespini, Ducenlo Novelle, nov. 18; — Guillaume Bouchet, Sérée V, édition de Lyon, 1608, t. 1, fol. 136, 171 et 173.
VI. Le Quiproquo. Une des histoires le plus souvent contées. On la trouve d'abord sous la forme d'un fabliau intitulé le Meunier d'Aléas ' ; puis dans les Novelle di Franco Sacchelli, nov. CCVI :