‹ ContesChapitre 46 sur 193 · COMES T. H · texte numérisé non relu

COMES T. H

Atis, il l'est plus doux encor

De la voir ingrate et cruelle

Que d'être privé de ses traits :

Adieu, ruisseaux, ombrages frais,

Chants amoureux de Philomèle ; Mon inhumaine seule attire à soi mes sens; Éloigné de ses yeux, je ne vois ni n'entends. L'esclave fugitif se va remettre encore En ses fere, quoique durs, mais, hélas I trop chéris. »

Il approchoit des murs qu'une fée a bâtis*,

Quand sur les bords du Mince-, à l'heure que l'Auiore

Commence à s'éloigner du séjour de Thétis,

Une nymphe en habit de reine.

Belle, majestueuse, et d'un regard charmant. Vint s'offrir tout d'un coup aux yeux du pauvre amant,

Qui revoit alors à sa peine*.

«Je veux, dit-elle, Atis, que vous soyez heureux ; Je le veux, je le puis, étant Manio la fée,

Votre amie et votre obligée.

Vous connoissez ce nom fameux;

i. Maiiioue, d'après les légendes, aurait été b&tie par une fé« nommée Manto.

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