COMES T. H
Atis, il l'est plus doux encor
De la voir ingrate et cruelle
Que d'être privé de ses traits :
Adieu, ruisseaux, ombrages frais,
Chants amoureux de Philomèle ; Mon inhumaine seule attire à soi mes sens; Éloigné de ses yeux, je ne vois ni n'entends. L'esclave fugitif se va remettre encore En ses fere, quoique durs, mais, hélas I trop chéris. »
Il approchoit des murs qu'une fée a bâtis*,
Quand sur les bords du Mince-, à l'heure que l'Auiore
Commence à s'éloigner du séjour de Thétis,
Une nymphe en habit de reine.
Belle, majestueuse, et d'un regard charmant. Vint s'offrir tout d'un coup aux yeux du pauvre amant,
Qui revoit alors à sa peine*.
«Je veux, dit-elle, Atis, que vous soyez heureux ; Je le veux, je le puis, étant Manio la fée,
Votre amie et votre obligée.
Vous connoissez ce nom fameux;
i. Maiiioue, d'après les légendes, aurait été b&tie par une fé« nommée Manto.