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D'un pèlerin

4iO TUOISIÈME PARTIE.

Qui le saura? J'en vois marcher tête levée, Qui n'iioienl pas ainsi, j'ose vous l'assurer, Si i=ur le bout du nez tache pcuvoit montrer

Que telle chose est arrivée.

Cela nous fait-il empirer D'une ongle* ou d'un cheveu ? Non, madame, il faut être

Bien habile pour reconnoître Bouche ayant employé son temps et ses appas, D'avec ];ouche qui s'est tenue à ne rien faire.

Donnez-vous, ne vous donnez pas,

Ce sera toujours même affaire.

Pour qui ménagez-vous les trésors de l'amour? Pour celui qui, je crois, ne s'en servira guère; Vous n'aurez pas grand'peine à fêter son retour. »

La fausse vieille * s ut tant dire Que tout se réduisit seulement à douter Des merveilles du chien et des charmes du sire.

Pour cela l'on les fit monter :

La belle étoit au lit encore.

L'univers n'eut jamais d'aurore

Plus paresseuse à se lever.

Notre feint pèlerin traversa la ruelle

1. La Fontaine a mis ici ongle &\i féminin comme il l'avait déjà fait fable XV, liv. VI. (Voyez t. I, page 331.)

2. La méchante, la perfide vieille. L'expression est tout à fait de Tancienne langue française.

LEPHTITGHIEN. 134

Comme un homme ayant vu d'autres gens que des saints. Son compliment parut galant et des plus fins :

Il surprit et charma la belle.

« Vous n'avez pas, ce lui dit-elle,

La mine de vous en aller

A Saint-Jacques de Compostelle. »

Cependant, pour la régaler,

Le chien à son tour entre en lice.

On eût vu sauter Favori

Pour la dame et pour la nourrice,

Mais point du tout pour le mari.

Ce n'est pas tout ; il se secoue ;

Aussitôt perles de tomber,

Nourrice de les ramasser.

Soubrettes de les enfiler,

Pèlerin de les attacher

A de certains bras, dont il loue La blancheur et le reste. Enfin il fait si bien

Qu'avant que partir de la place

On traite avec lui de son chien.

On lui donne un baiser pour arrhes de la «^nâce

Qu'il demaudoit et la nuit vint.

Aussitôt que le di*ôle tint

Entre ses bras madame Argie, 11 redevint Atis. La dame en fut ravie :

G'étoit avec bien plus d'honneur

Traiter monsieur l'ambassadeur.

«22 TIIOISIEME PAUTIE.

Cette nuit eut des sœurs, et même en très -bon nombre. Chacun s'en aperçut, car d'enfermer sous l'ombre

Une telle aise, le moyen?

Jeunes gens font-ils jamais rien

Que le plus aveugle ne voie?

A quelques mois de là, le saint-père renvoie

Anselme avec force pardons' ,

Et beaucoup d'autres menus dons.

Les biens et les honneurs pleuvoient sur sa personne. De son vice-gérant il apprend tous les soins ;

Bz'": certificats des voisins.

Pour les valets, nul ne lui donne

D'éclaircissements sur cela.

• Monsieur le juge interrogea

La nourrice avec les soubrettes,

Sages personnes et discrètes.

Il n'en put tirer le secret.

Mais, comme parmi les femelles

Volontiers le diable se met,

11 survint de telles querelles, La dame et la nourrice eurent de tels débats,

Que celle-ci ne manqua pas A se venger de l'autre, et déclarer l'afTaire ; Dût-elle aussi se perdre, il fallut tout conter.

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