‹ ContesChapitre 52 sur 193 · Indulgences papales. (Voyez t. III, p · texte numérisé non relu

Indulgences papales. (Voyez t. III, p

D'exprimer jusqu'où la colère Ou plutôt la fureur de l'époux put monter.

Je ne tiens pas qu'il soit possible.

Ainsi je m'en tairai : on peut par les effets Juger combien Anselme étoit homme sensible.

Il choisit un de ses valets, Le charge d'un billet, et mande que madame Vienne voir son mari malade en la cité. La belle n'avoit point son village quitté : L'époux alloit, venoit, et laissoit là sa femme. « Il te faut en chemin écarter tous ses gens, Dit Anselme au porteur de ces ordres pressants. La perfide a couvert mon front d'ignominie : Pour satisfaction je veux avoir sa vie.

Poignarde-la; mais prends ton temps, Tâche de te sauver. Voilà pour ta retraite; Prends cet or : si tu fais ce qu'Anselme souhaite,

Et punis cette offense-là.

Quelque part que tu sois, rien ne te manquera. »

Le valet va trouver Argie,

Qui par son chien est avertie.

Si vous me demandez comme un chien avertit,

Je crois que par la jupe il tire ;

Il se plaint, il jappe, il soupire.

Il en veut à chacun : pour peu qu'on ait d'esprit.

On entend bien ce qu'il veut dire.

tu TROISIÈME PARTIE

Favori fit bien plus ; et tout bas il apprit

Un tel péril à sa maîtresse.

« Partez pourtant, dit-il, on ne vous fera rien : Reposez-vous sur moi; j'en empêcherai bien

Ce valet à l'âme traîtresse. »

Ils étoient en chemin, près d'un bois qui servoit

Souvent aux voleurs de refuge :

Le ministre cruel des vengeances du juge Envoie un peu devant le train qui les suivoit,

Fuis il dit l'ordre qu'il avoit.

La dame disparoît aux yeux du personnage ;

Manto la cache en un nuage.

Le valet, étonné, retourne vers l'époux, Lui conte le miracle; et son maître, en courroux, Va lui-même à l'endroit. 0 prodige 1 ô merveille! Il y trouve un palais de beauté sans pareille : Une heure auparavant c'étoit un champ tout nu.

Anselme, à son tour éperdu, Admire ce palais bâti non pour des hommes.

Mais apparemment pour des dieux ; Appartements dorés, meubles très-précieux,

Jardins et bois délicieux : ' On auroit peine à voir, en ce siècle où nous sommes, Chose si magnifique et si riante aux yeux.

Toutes les portes sont ouvertes ;

Les chambres sans hôte et désertes ;

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Pas une âme en ce louvre ' ; excepté qu'à la fin Un More très-lippu, très-hideux, très-vilain, S'offre aux regards du juge, et semble la copie

D'un Ésope d'Édiiopie.

Notre magistrat l'ayant pris

Pour le balayeur du logis, Et croyant l'honorer lui donnant cet office : « Cher ami, lui dit-il, apprends-nous à quei dieu

Appartient tm tel édifice ;

Car de dire un roi, c'est trop peu,

— Il est à moi, » reprit le More.

Notre juge, à ces mots, se prosterne, l'adore, Lui demande pardon de sa témérité, «r Seigneur, ajouta- t-il, que votre déité

Excuse un peu mon ignorance.

Certes, tout l'univers ne vaut pas la chevance* Que je .rencontre ici. » Le More lui répond :

« Veux-tu que je t'en fasse un don?

De ces lieux enchantés je te rendrai le maître,

A certaine condition.

Je ne ris point ; tu pourras être

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