LES NOUVELLES ÉDITIONS
A Madame d’Êpinay.
Naples, le 18 décembre 1773.
...Je suis tout occupé de réimprimer mon ancien ouvrage sur la monnaie, écrit en italien, dont l’édition est tout à fait épuisée. Je voulais y ajouter quelque
chose; mais plus je vieillis, plus je trouve qu’il y a toujours à retrancher dans les ouvrages, jamais à ajouter. Ce n’est pas pourtant là le compte des libraires. Ils souhaitent des éditions plus complètes et les sots (car il n’y a que les sots qui achètent force livres) les souhaitent aussi. Je dois donc faire une édition plus complète de mon ouvrage. On y demande des notes ; j’en ferai. Mais qu’y mettre ? Pourriezvous m’aider ou me faire aider à trouver ce que je dois ajouter, pour plaire, à un ouvrage que peut-être vous connaissez : car j’en ai parsemé plusieurs exemplaires dans Paris. Vous répondrez que vous n’entendez pas l’italien, et encore moins la monnaie de mon pays : mais qu’est-ce que cela fait? Ne fait- on pas des notes sans entendre le texte ? Horace, Aristote, etc., n’ont-ils pas eu une infinité de commentateurs? Aidez-moi donc, car je me casse la tête à me commenter, et je trouve toujours que j’ai dit dans le texte ce que je voudrais dire dans mes notes...