‹ Contes ligures, traditions de la Rivière (volume 2)Chapitre 36 sur 77 · LE PAYS DES BRIDES · texte numérisé non relu

LE PAYS DES BRIDES

es belle

Un pauvre prince exilé avait uni fille qui avait une sorcière pour La famille princière dut travailler pour vivre. Un jour que la fille du prince parcourait les rues de la ville pour chercher de l'ouvrage, sa marraine lui apparut et lui donna une noix, une amande et une noisette, en lui disant :

« Voilà le cadeau que je te fais ; tu t'en serviras à l'occasion, a puis elle disparut. Ne trouvant pas de travail, la jeune lille se dit : i Je ne puis pourtant pas laisser mourir ma famille de faim; cherchons une place de domestique, u Elle se présenta chez un riche seigneur du pays qui l'engagea volontiers. Elle s'habilla mesquinement et, pour paraître laide, elle cessa même de se laver de sorte qu'elle était méconnaissable. Un jour le seigneur donna un grand bal dans

un de sus palais. Son fils ordonna à la domestique d'aller seller son cheval. Celle-ci au lieu de lui mettre la selle, mit la bride, et demanda à sa maîtresse delà laisser aller voir le bal, ce que celle-ci refusa avec indignation. Le jeune seigneur, pendant ce temps, se préparait à partir, et e trouvait pas son cheval sellé. Il appela la

astique, prit la bride i

8 r ands coups, si bien qu'elle remonta en pleu-

ra, U tihez sa maîtresse qui la consola de son

""eus. Encouragée par ces bonnes paroles, la

Pauvre jeune fille réitéra sa demande. « Je ne le

l""s d, répondit la dame, «il n'est pas d'usage que

es domestiquesaillent au bal, vous êtes trop mal-

P ro r»rc. » Le soir venu la filleule se dît : « Il faut

Partant que j'aille à ce bal, » et elle prépare

M *■ Blette. Elle cassa la noix que lui avait don-

nee sa marraine, et il en sortit une belle robe,

utl t le dessin représentait la mer et les pois-

!or> s. Au premier coup de peigne qu'elle donna

a s "ïs cheveux, ils devinrent comme de l'or et

k^feèrent tout en boucles sur ses épaules. Ses

""^liers aussi étaient dorés. Lorsqu'elle fut

prê 'e elle descendit, et trouva un cheval tout

rré F»aré. Dans la salle du bal, tout le monde

™» ébloui de sa beauté. Le fils du seigneur vou-

uc danser avec elle, et lui demanda son nom,

*»s elle ne répondit pas. o De quel pays étes-

^s », lui dit-il? — « Du pays des Brides, »

e jeune homme essaya inutilemi ■e. Après le bal il alla trouver s

e sortit précial et partit.

: jet

: fille

ti belle

que j'en suis devenu amoureux; mais elle m'a quitté sans vouloir me dire son nom. Si je ne la revois pas, j'en mourrais ». n Mon fils, « répondit la mère, n donne un second bal et peut-être y vicndra-t-elle. a Une seconde fête fut donc préparée. Mais lorsque la servante demanda de nouveau à sa maîtresse la permission d'y assister, elle rencontra le même refus que la première fois et se retira en pleurant dans sa chambre. Au même instant, son maître voulant monter à cheval, pour se rendre au bal, s'aperçut que la jeune fille avait sellé mais non bridé l'animal ; il la fit des cendre, la battit avec la selle, et s'éloigna plus mécontent que jamais. Le soir, à la même heure que la première lois, la filleule de la sorcière fit sa toilette de bal. Elle cassa l'amande, et elle y trouva une robe sur laquelle uiair hpiilc le soleil. A son entrée dans la salle le jeune seigneur la fit danser comme la veille. Il lui demanda une seconde fois son nom et celui de son pays. J-a première question resta sans réponse; à la seconde : « Je suis, » dit-elle, « du pays de la Selle, n et a ces mots elle voulut s'éloigner. Maïs le j eune homme, la retenant par

!e bras, la conduisit jusqu'à sa monture, et

'aida à se mettre en selle; mais, tirant un fouet

^ sa poche elle en donna un coup sur les yeux

du curieux et disparut. Le prince, de retour

c "ez ]ui, confia encore ses chagrins à sa mère,

W lui conseilla d'essayer encore, et un troi-

S| enic: bal fut donné. Mais lorsque le jeune

™mmc voulut s'y rendre, les étriers man-

yaîtnt, à son cheval, ce que voyant il fit venir

!a Pauvre servante et, allant lui-même chercher

™ étriers, il les lui jeta à la figure et partit. La

""^ule de la sorcière monta chez sa maitresse

P''Ur se plaindre, mais celle-ci lui dit : « Ce

nes t pas par méchanceté que mon fils agit

*»»■*, mais parce qu'il est malheureux. 11 a vu

3a fc»alune fille si belle qu'il s'en e

veu >t: ]' a voir pour femme, mais il m

sav <=ȕr son nom; elle ne veut pas le din

Soa He ne la connaît; il donne encore uo bal

s ^"ïir, et il m'a dit que c'est le dernier, et que

5 ll ** e réussit pas, il mettra fin à ses jours. — O

n ' a *~i «me, » dit la servante, u puisque c'est le der-

nie *~ bal, laissez-moi y aller un moment. Je me

ea, ~ *-""* trai si bien que personne ne me verra. j>

**e fois-ci la bonne dame lui donna la per-

mis, 5iion. Alors la fille alla dans sa chambre,

P°** r s'habiller, Elle cassa la noisette et il en

u>r *"» ba une belle robe sur laquelle la lune se

,rlï, -*vait brodée. A l'heure ordinaire elle partit

et tous les inviles s'approchèrent pour l'admirer. Elle ctaitplus belle encore qu'elle ne l'avait été. Le jeune seigneur s'avança vers elle pour la Taire danser, a Je vous en prie, » lui dit-il, « qui êtes vous, et quel est votre pays ? — Mon pavs, c'est celui des Étriers, « répond-elle, > quant à mon nom, je ne puis vous le dire, » et elle sortit. Le prince la suivit- Pour se déharrasscr de sa présence, la belle fille, mettant la main dans sa poche, en sortit une poignée de sable qu'elle jeta à la figure du prince et en le faisant elle disparut. Lorsqu'il raconta à sa mère sa malechance : n Et son pays te l'a-t-elle aussi laissé ignorer, » lui demanda-t-elle? — Je ne comprends rien à ses paroles, "dit le fils; nie premier soir elle m'a dît le pays des Brides, le second soir, de la Selle, et le troisième des Étriers. » A partir de ce jour on le vit dépérir, rien ne pouvait le rendre à la santé. Un jour la domestique dit à la mère. « Madame, permettez-moi de préparer les repas de votre fils, peut-être qu'il les acceptera, — Comment osez-vous me faire une pareille demande, » s'écria la mère. La pauvre servante alla dans sa chambre et on ne la vit plus de la journée. Le soir de ce même jour, à l'heure où s'était donné le bal, la filleule Je la sorcière changea de robe. Elle mit encore celle qui était couleur de lune et se présenta devant le malade, t Que vois-je, » s'écria-t-il, « est-ce vrai-

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