‹ Contes ligures, traditions de la Rivière (volume 2)Chapitre 71 sur 77 · LES SEPT FRERES · texte numérisé non relu

LES SEPT FRERES

Il y avait une fois une femme qui avait sept fils gros et grands comme une ville (sic). Cette femme était fière et heureuse d'en parler à tout le monde et surtout de les voir autour de la table lui faire une couronne de reine. 11 arriva que cette femme devint enceinte; les enfants desiraient qu'elle eût un garçon, qui aurait été leur compagnon, et ils lui disaient toujours en sortant : « Si c'est un fils, mets le fuseau à la fenêtre; si c'est une fille, mets la quenouille. » Ce fut une fille, et les sept frères voyant la quenouille à la fenêtre s'en retournèrent sans même entrer à la maison, et s'en furent courir k monde. La femme vexée d'avoir ainsi perdu Ici enfants qui faisaient son orgueil, prit sa fille en grippe; et, malgré que cette fille grandit en sa-

6a. les s

gesse et en beauté, elle ne pouvait se tenir de lui reprocher de les avoir perdus. La fille, devenue grande, finit par se lasser de cette vie malheureuse et abandonna sa mère pour se mettre à la recherche de ses frères. Elle marcha longtemps demandant à tout le monde' si on savait ce qu'étaient devenus ses frères, se disant d'ailleurs que, s'ils étaient réellement aussi gros et grands que le disait sa mère, elle finirait par les découvrir entre mille. Après avoir ainsi cherché longtemps, elle rencontra sur un petit pont une femme qui se berçait dans une coquille de noisette. Elle s'approcha d'elle et lui dit: ■ Voisine, belle voisine, ne sauriez-vous me dire ce que sont devenus mes frères qui sont grands et gros comme une ville? » Elle lui répondit : « Enlève mes épingles à cheveux et relève mes petites paupières que je voie qui tu es. » La fille fit ce qui lui était demandé et la voisine la regarda bien, de la tête aux pieds, puis, lui dit : « De tes frères, je ne puis rien te dire; mais adresse-toi à mon compère le Soleil, lui, qui va partout, saura bien te dire quelque chose. D'ailleurs, voilà un sac de noisettes elles te serviront sous peu. » La jeune fille la remercia vivement et se dirigea vers le palais du Soleil qui était resplendissant d'or et île pierres précieuses. Une belle jeune fille habillée de blanc vint lui ouvrir et lui dit : o Belle fille, où

sœur, l'emmena chez ses frères. Ceux-ci furent heureux d'avoir une ménagère et il la chargèrent des affaires de la maison, lui recommandant surtout de ne pas laisser éteindre le feu pour ne pas avoir besoin de la voisine. Elle fut fort attentive et le feu était conservé; mais un jour, en entrant dans sa cuisine, elle trouva le feu éteint. Elle ne voulut point le dire à ses frères et elle s'en fut chez la voisine qui lui donna très gracieusement ce qui fallait pour rallumer son feu éteint, à la condition que, tous

donner son petit m de la serrure. Au frères s'aperçurent t devenait maigre, gèrent et apprirent :hez la

les matins, elle viendr doigt à sucer à travers du tr bout de quelque temps les que leur sœur dépérissait ' pâle et maladive ; ils l'interr ce qui était arrivé. Aussi ils voisine et lui dirent : a Ou vous rendrez à notre sœur tout le sang que vous lui avez enlevé, ou nous vous rouons de coups. » La sorcière prise de peur consentit et chaque matin la jeune fille allait mettre son petit doigt dans le trou de la serrure et la sorcière lui rendait, petit à petit, le sang qu'elle

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frères, pour meure et vi

enlevé. Biem

i la santé et ses joues rede-

mme auparavant. Alors les

r le péril, changèrent de de-

habiter en face du palais

royal. Le fils du roi, voyant chaque joi

belle jeun

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belle jeune fille, finit par s'éprendre d'elle et par demander la permission de l'épouser. La mère qui ne voulait pas que son fils épousât une fille de basse condition, fit tout ce qui est possible de faire pour l'en empêcher; mais il fit tant et tant qu'il réussit à l'obtenir. Le mariage se fit; mais le prince fut bientôt obligé d'aller à la guerre. La belle-mère, méchante et orgueilleuse, profita de son absence pour se venger. Elle fit prendre un grand baquet de lait et elle y fit mettre les sept frères qui furent changés en sept cochons; puis elle fit prendre la jeune femme qui allait accoucher et la fit jeter dans la mer où elle fut avalée par un espadon. De retour de la guerre le roi demanda immédiatement des nouvelles de sa femme et sa mère lui dit : « Ta femme est morte et ses frères m'ont plantée là pour aller on ne sait où. s Le roi, malheureux et triste, ne savait que faire et penser, spécialement quand elle lui disait : n Pourquoi gardons-nous ici ces porcs ; tuons-les ils ne nous donnerons pas tant d'ennui, d Mais le roi ne se décidait point pareeque les porcs se montraient heureux d'ttre près de lui et bondissaient autour. En attendant dans les e les personnes entendaient ces lar « Sœur, belle sœur, l'eau s'échauffe et les couteaux s'apprêtent a être plongés dans notre cœur!» Et une voix répondait : n Frères, beaux

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frères, faites des gentillesses au roi qui ne vous fera point tuer! » La chose ayant été rapportée au roi, il voulut s'assurer du fait. En effet, à peine fut-il aux écoutes qu'il entendit: « Sœur, belle sœur, l'eau s'échauffe et les couteaux s'apprêtent à être plongés dans notre cœur! n Et la voix, habituelle répondit : « Frères, beaux frères, il m'est né un petit enfant, je ne sais comment le mettre dans des langes ; je suis dans l'estomac de l'espadon! « Le roi, alors, furieux et sachant de quoi sa mère était capable, alla vers elle et lui dit : « Ou vous me rendrez ma femme, mon fils et les sept frères, ou je vous tue! « Quoique de bien mauvais gré, elle fit aussitôt prendre les sept cochons et les fit redevenir hommes; puis elle se fit apporter l'espadon, le fit ouvrir et l'on trouva dans son estomac la femme du roi et le petit enfant qui allaient mourir suffoqués. Alors le roi fit prendre sa mère, la fit conduire sur la grande place après l'avoir fait revêtir d'une chemise de goudron, et la fit brûler.

Conte par Gemma Gianne

Comparer : ttj, 3j, 5t. — Scbillot, I, à&'j I lâi.— Webster, p. 187. — Grimra, 9.— E — Comparetti, 47. — Visentini, 16. — Y

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