‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 101 sur 151 · I-E BRAVE CASCOL · texte numérisé non relu

I-E BRAVE CASCOL

près d’une maison la porte ouverte. Le tigre arrive et entre dans la maison. Aussitôt Gascol ferme la porte accourt vers ses hommes et leur dit ; « J’ai rencontré le tigre, je l’ai pris par une oreille et je l’ai enfermé dans la maison : venez voir. » Le roi, ayant entendu parler de ce trait, fait Gascol général et lui fait épouser sa fille. Mais la nuit il rêve souvent et croit toujours être sabotier, et, en tirant le fil pour coudre la chaussure, il donne des coups de poing à sa femme. Gelle-ci se plaint au roi qui adresse des reproches à son gendre, mais Gascol répond : « Nos soldats sont sans souliers, et la nuit j’en fais pour eux. — G’est un bon guerrier », pense le roi, « puisque, même la nuit, il songe à ses soldats. » On devait prendre une ville, Gascol fut envoyé avec ses troupes. Il va à l’écurie chercher un cheval et se décide pour le vieux cheval d’un général mort à !a guerre. Mais comme il n’était jamais monté à cheval, celui-là même, qui était bien dressé, lui paraissait difficile à conduire. Près de la ville assiégée il y avait une croix. Gascol en passant auprès, tomba de cheval et, dans sa chute, il s’accrocha à la croix, l’arracha et la mit sur ses épaules. Les habitants de la ville en le voyant venir avec une croix sur ses épaules crient : « Voilà le bon Dieu qui arrive. » Les chefs accourent à lui, les clés à la main, s’agenouillent

devant lui et la ville fut prise sans tirer un coup de fusil.

Conté par Ange Peglion.

Comparer : Cosquiii, 8. — Grimm, 20, — Imbriani, N. F. 45. — Hahn, 23. — Steel, y. — Kingscote, 9.

CONTES DE LA RIVIÈRE (De Vintimille à Gênes).

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