‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 127 sur 151 · LE BRAVE SAVETIER · texte numérisé non relu

LE BRAVE SAVETIER

dit : « Prends ces marmites et porte-les dehors ! — Prends-les, toi », s’écria le savetier, qui avait peur d’être surpris pendant qu’il se baisserait. Le mort prit toutes ces marmites pleines d’or les tira du trou où elles étaient ; puis, quand il eut terminé, il dit : « Maintenant remercie ton courage, savetier, car si tu m’avais obéi une seule fois, tu aurais été perdu pour toujours. Au lieu de cela, tu m’as tiré de peine ; depuis bien des années je suis damné et aucun de ceux qui sont venus visiter le palais n’a su me délivrer parce qu’ils se sont tous perdus par la peur. Tout ceci est à toi, comme le palais; adieu, prie pour moi! » L’angelus du matin sonnait quand le spectre disparut laissant seul le savetier qui, entre la joie et la peur, s’élança dans cet escalier en casse-cou, aussi rapide qu’un chat, traversa toutes les chambres, et quand il fut dehors s’écria : « Ouf, je suis riche; mais j’ai eu une hère peur! »

Conté par Vittovio Cogo de Rocchetta-Ligiire.

Comparer : i5. — Cosquin II, p. 260. — Carnoy, C. F. p. 289. — Campbell, 42. — Grimm, 4. — Jones, 44.

LE naïf

Dans une ville de province habitait autrefois une pauvre femme qui avait un fils naïf. — Un des oncles de cet enfant lui donna un jour une bague en lui disant : « Conserve-la avec soin, un jour elle te procurera une fortune. » Un matin qu’il était dans la forêt faisant des fagots il se frotta légèrement les mains et entendit une voix qui lui disait : « Que veux-tu? — Je veux, répondit-il de suite, que tout ce que je désire me soit accordé! Je veux que tous ces arbres soient coupés et ma charrette chargé avec, pour que je ne sois point obligé de revenir à la forêt de longtemps ! » Quand il vit la charrette chargée, au lieu de se mettre devant pour la traîner, il se mit derrière et se ht ainsi remorquer par la charrette. Comme il passait sous les fenêtres du palais royal, la hile du roi s’avança, et, voyant

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