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LES TROIS ORANGES

dans la maison! » La femme lui dit : « Viens, le dîner t’attend. » L’autre la suivit et se mit à bien manger et à bien boire. La vieille, lui dit alors : « Tu ne mangerais plus rien? — Non ! — Vraiment plus rien? — Non! — Il y a en bas un pauvre garçon qui est venu de la part de ton compère Vent Boa te demander des nouvelles des trois belles oranges. — Dis-lui qu’il monte. » Elle l’appella. Il ne se le fit pas dire deux fois et il raconta au sorcier toute son histoire en le priant d’avoir pitié de lui. Le sorcier l’écouta attentivement et lui dit ensuite : « Fais provision de viande, de pain et de balais et ne pense plus au reste; pour le moment retourne dans ton souterrain. » Il obéit et il passa toute la nuit à dormir. Le lendemain matin une voix lui dit : « Sur la feuille ou sous la feuille?)) Il répondit : « Sur la feuille! » Aussitôt il se trouva devant un magnifique portail qu’il ouvrit et vit devant lui un étroit escalier plein de chiens enragés qui voulaient lui sauter dessus. Il leur abandonna la moitié de sa viande et il passa. Il se trouva alors devant un escalier, encore plus étroit, sur lequel étaient des chats furieux qui voulaient lui sauter aux yeux. Il leur jetta la moitié du pain et il passa encore pour se trouver en face d’un escalier bien plus étroit où se tenaient un grand nombre de sorcières furieuses. Il ne savait trop que faire,

mais il se souvient des balais et il en donna un à chacune. Celles-ci le laissèrent passer. Il arriva au sommet et il vit les trois belles oranges avec un livre et une baguette à côté. Heureux, il fit ce qu’il put pour y atteindre et s’en empara; alors il entendit une voix, belle et douce, lui dire ; « Bien d’autres ont déjà tenté ce que tu viens de faire et sont morts. Quand tu voudras te transformer en quelque chose, ouvre ce livre avec cette baguette et commande. Quand tu voudras faire disparaitre ces choses ou redevenir ce que tu étais, ferme le livre et abaisse la baguette! » Le fils du roi, heureux et reconnaissant, fit trois grand saints pour remercier cette belle voix et puis s’en alla emportant avec lui les trois belles oranges, le livre et la baguette. Mais il avait à passer à travers les sorcières qui occupaient le premier escalier ; il leur abandonna les balais qui lui restaient. Il calma les chats et les chiens en leur jetant ce qu’il avait encore de pain et de viande. Arrivé sous le portique du château, il monta à cheval et il partit aussi vite qu’il put. Il s’aperçut bientôt qu’il était poursuivi par une sorcière en fureur. Gomme il craignait d’être attrapé il ouvrit le livre et commanda d’être changé en une église. La sorcière arriva, chercha le prince et ne le trouva pas; elle s’en retourna désappointée. Le prince ferma le livre et redevint ce

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