MOUSTACHES DE CUIVRE
Moustaches de Cuivre, « que je sois venu ici et que j’aie laissé la fille du roi dans les mains du sorcier. Je me battrai en bon soldat au risque d’y laisser la vie. — Oui, mais tu ne sais pas qu’il se bat de toutes les manières et que tu seras tué sûrement! — Peu importe, dis-moi avec quelle arme il se bat moins bien. — Le sabre. — Gela suffit, laisse-moi faire; pour l’instant cache-moi quelque part. — Gache-toi dans ce chaudron mais tu verras, il te découvrira. » En effet, vers midi le sorcier arriva. A peine fut-il entré qu’il se mit à aspirer et à dire après-: « Fumet, fumet, odeur de chrétien. Il y a de l’odeur, odeur que je connais, chair de chrétien il y a dans ma maison ' ! » Puis à la fille du roi : « Tu as caché quelqu’un? — Je n’ai caché personne, » répondit-elle. Mais le sorcier, malgré cela, se mit à chercher partout et trouva le soldat, et lui dit tout furieux : « Qu’es-tu venu faire ici? demain tu me serviras à faire un repas de plus. » La fille du roi, alors, se mit à genoux pour demander la grâce de Moustaches de Cuivre, disant que c’était un soldat de son père qui était venu lui porter des nouvelles de chez elle;
I , « Fumme fumme,
Oudou de christianume,
D’otidou gh’e ne, d’oudou ne sa, Carne de Christian gli’e in viœ ca ! »
3l6 CONTES LIGURES •]
mais qu’il serait parti. Alors le sorcier lui dit : I « Puisque tu dis que c’est un soldat de ton père, ■ avant de sortir d’ici il doit se battre avec moi; , sinon je le mange tout vivant. » Alors Mousta- ^ ches de Cuivre dit au sorcier : « Ça ne me fait ' rien d’être mangé par toi ; mais au moins je voudrais auparavant mourir comme un bon soldat que je suis; donc battons-nous. — Choisis l’arme que tu veux, » lui répondit le sorcier.
(( Je choisis le sabre! — Va pour le sabre, » dit le sorcier. Ils se mirent en garde et se battirent longtemps. Enfin, Moustaches de Cuivre fut blessé à l’épaule et le sorcier voulut se reposer ; !
mais Moustaches de Cuivre, plus furieux que jamais, d’un coup de sabre mieux dirigé transperça le sorcier de part en part. « Fuyons! » s’écria alors la fille du roi, « que ses deux frères ne nous trouvent point ici, ou nous serions perdus ! » Moustaches de Cuivre courut au fond du puits et adapta un bâton à la corde pour y placer la fille du roi. Celle-ci ne voulut 'j point monter la première disant que les deux | camarades de son libérateur allaient sûrement \ abandonner celui-ci dans le puits. « Ne crains rien, » répondit Moustaches de Cuivre, « je ré- \ ponds de tout. » La fille du roi se plaça sur le \ bâton et se tint à la corde avec ses mains; -i Moustaches de Cuivre fait sonner sa cloche et ; les compagnons tirent la corde. Bientôt la fille |