‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 148 sur 151 · MOUSTACHES DE CUIVRE SlJ · texte numérisé non relu

MOUSTACHES DE CUIVRE SlJ

du roi fut hors du puits et les compagnons commencèrent à se quereller parce que chacun d’eux voulait l’épouser. « Je n’épouserai que Moustaches de Cuivre, » dit-elle, « tirez-le hors du puits. » Alors les deux coquins ourdirent le complot de couper la corde pour que Moustaches de Cuivre fut précipité au fond du puits. Ils comptaient sans la prudence de ce dernier qui, pour les éprouver, attacha une grosse pierre au bout de la corde : « Voyons, » se dit-il, (( s’ils sont d’honnêtes gens! » La pierre monta un instant, puis il l’entendit tomber et rebondir contre les parois jusque au fond. « Je suis sauvé, mais que vais-je faire maintenant; il faut pourtant sortir d’ici, sinon un de ces coquins va épouser la fille du roi ! » Il se mit à chercher partout une issue. Il pénétra dans la maison et il trouva une porte qu’une serrure et une clef de bois fermaient. Il l’ouvrit et suivit un long corridor. Il entra dans une chambre et trouva la vieille qui était occupée à panser ses doigts coupés. « Tu vas me faire sortir d’ici, » dit-il, « ou je t’assomme. » La vieille qui savait, pour l’avoir éprouvé, ce dont Moustaches de Cuivre était capable, lui répondit : « Monte sur mon dos et je te porterai en haut du puits. » Moustaches de Cuivre monta sur son dos et la vieille, prenant son vol, l’emporta en haut du puits et le déposa sur le bord. Elle lui dit alors : « Voici

des bottes de sept lieues; va vite si tu veux arriver à temps pour empêcher le mariage, tu n’as plus que deux jours. » Moustaches de Cuivre mit les bottes et se mit à courir, après l’avoir remerciée; il arriva à la cour après deux jours, tout déchiré et plein de poussière. Tout était préparé pour les épousailles. La fille du roi reconnut immédiatement Moustaches de Cuivre sous ses haillons et le conduisit devant son père auquel elle dit : « Voici celui qui m’a délivrée, les autres ne sont que des coquins et des traîtres; demande-leur la preuve de ce qu’ils disent : qu’ils montrent mon mouchoir brodé. » Moustaches de Cuivre tira le mouchoir de sa poche et le roi convaincu fit saisir les deux autres et les fit pendre immédiatement. Moustaches de Cuivre épousa la fille du roi et la fête du mariage fut si belle qu’elle dura trois jours. Le repas fut splendide avec des poulets bien préparés. Quant à moi j’étais sous la table où, de rage et de venin, on m’a tiré la marmite h

Conté par 3/“® Catarina Grande.

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I. « £■ mi, che en sutta a tona, da ragia e dan venin m'an tiou U pugnatin. » Le texte donne la traduction littérale de ce final de conte très usité à Gênes.

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