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LA FILLE DU DIABLE

mant au vieillard, puis ils furent souper. Le vieillard lui répéta : « Es-tu sorcier? — Dieu m’en garde ! » Ils soupèrent. Après souper, le vieux lui dit : « Demain, je vais te marier avec une de mes filles; je te banderai les yeux, et Je les ferai mettre en rang et, pendant trois fois, il 1 faut que tu choisisses la meme, alors elle sera I ta femme. » Ils allèrent se coucher et à minuit ! la fille vint l’avertir : « Prends garde de ne point te tromper; d’abord tu toucheras la main et tu t’apercevras par le petit doigt auquel il manque un morceau à qui tu devras t’adresser et tu ne pourras pas te tromper. » Le lendemain il fit mettre les filles en rang, il lui banda les yeux et il lui dit : « Choisis entre les trois celle que tu voudras. » Alors il toucha la main à toutes les trois et pendant trois fois il devina celle qu’il voulait. Le vieillard lui débanda les yeux et leur dit : « Maintenant je vais vous marier. » Il alla dans la forêt, il y avait un ermite et il alla les marier dans l’ermitage. Retournés à la maison ils firent le repas de noces et ils allè- |rent se coucher. Pendant la nuit la fille dit à son mari : « Sais-tu de quoi il retourne, prends tous les livres de mon père; descendons à l’étable; selle un cheval pour moi et un cheval pour toi et fuyons dans ton pays; sans cela non père finira par te tuer. » Le matin ils firent ce qu’elle avait dit; ils prirent les li-

vres et, montés sur les chevaux, ils s’enfuirent. Le vieux entendit le mouvement des chevaux et se leva; il alla voir dans l’étable et il ne vit plus les chevaux; il remonta dans la chambre et il ne trouva plus les livres. A force de chercher il en trouva un tout petit que, dans leur fuite, ils avaient laissé tomber. Quand il eut ce livre il descendit dans l’étable, il prit le cheval noir et il va pour les attraper. Ce cheval noir courait comme le vent. Il finit par les voir de loin et sa tille, quand elle vit que son père s’approchait, prit sa boîte la jeta et dit : « Par ordre de ma boîte qu’une grande rivière se forme et que mon père ne puisse passer. » Le ' père qui vit qu’il ne pouvait plus passer, prit le j. livre qu’il avait et le jeta dans la rivière et il i dit : « Je te maudis, que le premier qui, en arrivant, embrasse ton mari, fasse que vous ne vous : reconnaissiez plus ! » Ils arrivèrent à son pays où sa mère l’attendait avec impatience ; elle le vit arriver et elle lui sauta immédiatement au cou. Il voulait la repousser pour qu’elle ne l’embrassât pas, mais la fougue de sa mère fut trop forte et elle l’embrassa et il ne reconnut plus sa femme. Lui, sa mère le conduisit à la maison; elle, s’en fut se^’ placer comme cuisinière dans une auberge. Aiy bout de quelque temps, ce jeune homme ne seî souvenant plus de sa femme, son père décida d^

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