LES DEUX MARCHANDS
IL y avait une fois deux marchands qui venaient à la foire pour vendre. En marchant ils firent un pari. L’un deux s’appelait Pierre et l’autre Paul. Paul dit à Pierre qu’il était capable de briser une glace d’un coup de poing, Pierre disait qu’il n’en était pas capable. Pour juger l’affaire ils prirent deux témoins, et quand les témoins furent arrivés, ils parièrent toute leur fortune. Alors Paul donna un coup de poing sur la glace et la brisa, et Pierre perdit tout. Pierre, sans le sou, s’en alla dormir dans le creux d’un arbre. Alors, dans la nuit, comme il ne pouvait dormir parce qu’il faisait trop froid, vers minuit, il vit une troupe de vieilles femmes, et toutes ces vieielles femmes étaient des sorcières. Elles montèrent toutes sur cet arbre et s’assirent sur les branches et chacune donnait son avis. Dans la bande il y en avait
une qui ne parlait jamais, alors Tune d’elles lui dit : « Et vous, tante, vous ne dites rien, non ! » Alors cette vieille répondit : « Que voulez-vous que je dise, je dis que le fils du roi est malade depuis tant d’années et qu’aucun médecin n’a pu le guérir, parce qu’ils ne connaissent point le remède qu’il lui faut et pourtant il est si facile. Le roi a un bassin dans son jardin et dans ce bassin il y a un poisson qui, s’ils le prennent et le font bouillir, puis s’ils mettent le bouillon dans une bouteille pour lui en donner une cuillerée tous les quarts d’heure, guérira bel et bien le fils du roi quand la bouteille sera vide. » Aussitôt que les sorcières furent parties, celui qui était dans le creux de l’arbre et qui avait tout entendu se présente au palais du roi et demande de parler au roi. Alors le roi dit de monter et il dit au roi qu’il était capable de guérir son fils. « O brave homme, lui fut-il répondu, si tu guéris mon fils, qui peut dire ce que je te donnerais! — Eh bien. Majesté, il me faut douze hommes et nous allons de suite chercher le remède. » Alors ils furent dans le bassin et ils prirent le poisson; et puis Pierre le fit bouillir, fit le remède et le fit prendre peu à peu au fils du roi qui fut immédiatement guéri. Alors le roi fit cadeau d’une fortune à Pierre. Pierre partit de suite avec sa fortune et, étant en chemin, rencontra Paul qui lui dit : « Comment