‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 31 sur 151 · LES DEUX MARCHANDS · texte numérisé non relu

LES DEUX MARCHANDS

cela se fait-il, Pierre, que je t’aie laissé si mal conditionné et que je te retrouve si propre. » Alors Pierre lui dit : « Si tu savais! Quand tu m’as laissé, je suis allé me coucher dans le creux d’un arbre, de celui-là; vers minuit, il vint beaucoup de femmes qui sont montées s’asseoir sur les branches et tinrent un conseil; j’ai reconnu que c’était des sorcières et j’ai appris comment fabriquer le remède qui a bel et bien guéri le fils du roi, ce que j’ai fait de suite et on m’a donné tout cet argent. » Alors Paul dit : « Une disgrâce m’a fait tout perdre. Ce soir, je vais un peu voir, à mon tour, si je puis gagner quelque chose. » Alors il y alla, et, à minuit, les sorcières se placèrent de nouveau sur les branches, et cette vieille dit : « L’autre soir quelqu’un m’a entendu et a fait guérir le fils du roi, et ce soir, avant de parler, je veux passer une visite autour de l’arbre. » Alors elles descendirent toutes et elles trouvèrent cet homme caché dans le creux; elles lui donnèrent une rossée si soignée qu’il fut obligé de s’enfuir à demi mort pour ne pas en prendre davantage.

Conté par une vieille à M. A Gioan.

Comparer .* Sy. — Cosquin, 7. — Grimm, 107. — Visentini, 17. — Hahn, 3o. — Wratislaw, 14. — ‘ Midrash Haggado, FolkLorc Review, June 1890, p. 277. — Steel, 41.

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