‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 32 sur 151 · LE POT DE TERRE · texte numérisé non relu

LE POT DE TERRE

IL y avait deux sœurs : Tune, fille, vieille, décrépite ; l’autre, mariée, avait sept enfants. Il advint que celle qui était fille était plus à l’aise que sa sœur et elle l’aidait. Alors elle lui dit qu’elle lui donnât une petite fille qui n’avait pas encore sept ans. 11 advint ensuite que la petite fille, à minuit, entendit parler sa tante et qu’elle se mit à regarder et à écouter. Sa tante prit un pinceau et s’approcha de l’àtre, où il y avait un pot de terre haut comme çà. Elle se mit à tourner le pinceau et dit :

. Vira,. Vira; pignatan Pouartamc d'oiina c belle san ! '

Alors la tante disparut. Jusqu’au matin, au

I. Tourne, tourne, pot de terre, porte-moi où sont les belles !

l3. LE POT DE TERRE

premier coup de l’angelus, elle ne retourna point. Alors la petite dit à sa mère qu’elle ne voulait point retourner chez sa tante qui la laissait seule pendant la nuit. Mais le soir venant, la tante pleurait et disait que ce n’était point vrai, et la mère eut compassion d’elle croyant que l’enfant avait rêvé. Cette petite fille, la nuit suivante, attendit que sa tante fut partie, se leva, prit le pinceau et dit :

Vira^ vira; pignatan Pouartamé d'ouna é belle san !

Alors cette petite se trouva dans une grande salle avec de grands seigneurs, par la vertu du pot de terre. Dans cette salle de grands seigneurs, elle s’est trouvée avec tous les iiiatagoiis ' et ces âmes, vous savez, monsieur ! Là, on dansait, on tournait la farandole et il y avait celui qui commandait à toutes ces âmes. Tous étaient à regarder cette petite fille et la tante dit à ces âmes qu’elles ne fissent aucun mal à cette enfant qui n’avait pas encore sept ans. Alors celui qui commandait dit : « Où êtes vous allé, vous? — Je suis allé dans un pays où il y avait deux époux, j’ai serré la main à l’épouse et elle est tombée en langueur, là bas? — Et toi, où est tu allé ? — Moi, je suis allé

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