‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 59 sur 151 · LE MORT RECONNAISSANT Il · texte numérisé non relu

LE MORT RECONNAISSANT Il

' navire. » Au moment du départ, sa femme lui dit : « Ne vas pas dans le pays que ton père te i désigne, mais dans celui que je vais t’indi- ^ quer. » Elle ajouta : « Fais faire des portraits de I nous trois et expose-les à l’avant du navire, de * 1 manière que tout le monde puisse les voir. » î Après avoir ainsi contenté sa femme il partit,

! et, quelques mois après, il s’arrêta dans le pays ; qu’elle lui avait désigné. A peine venait-il de ' jeter l’ancre que le port fut encombré de gens !| qui venaient voir le navire et qui tous se mirent à admirer ces beaux portraits. Le roi eut aussii tôt connaissance du fait et manda le capitaine i| qui ne savait que penser de l’aventure. « Ne j craignez rien, » dit le messager, « le roi désire ji seulement vous demander un renseignement. )> ‘ Arrivé au palais, le roi lui dit : « Que représeni tent les tableaux qui sont à la proue de votre i vaisseau? — Mais c’est ma femme, mon fils, et moi. — Et de quel pays est votre épouse? — Sire, » dit-il, « je l’ignore; » et il raconta l’his- I' toire de celle qu’il avait sauvée. « Sachez, dit le roi, que vous avez épousé ma fille! » et la dessus, il lui montra un portrait que le mari ( reconnut tout de suite. « Partez vite, » ajouta I le roi, « et ramenez ma fille, ainsi que mon I petit-fils qui sera mon héritier. »

I A la cour du roi, se trouvait un de ses cousins qui avait autrefois été destiné à être

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