II4 CONTES LIGURES
l’époux de la princesse et qui résolut de se débarrasser de son heureux rival. Il demanda la permission d’aller à la rencontre des voyageurs. Le vaisseau qui portait sa parente ayant été signalé, il se hâta et y monta avec force démonstrations de joie. Gomme il se promenait sur le pont en compagnie de son cousin, un vent violent s’éleva. « Descendons », dit le fils du marchand ; au même instant son compagnon le précipita dans la mer, après quoi il alla rejoindre la princesse. « Appelez donc mon mari, » dit celle-ci, « une horrible tempête s’élève. » Le cousin monta sur le pont; mais il revint bientôt pour lui dire qu’une vague avait emporté son mari. A l’arrivée du navire, la famille royale prit le deuil. Le temps s’écoula; enfin l’ancien prétendant demanda la main de la veuve; celle-ci refusa. Elle ne céda qu’aux sollicitations réitérées de son père, que le cousin avait gagné à sa cause. Aussitôt on commença à préparer les fêtes du mariage. Le fils du marchand avait été jeté par les vagues sur un rocher. Un jour qu’il était occupé à ramasser des coquillages pour sa nourriture, il vit venir un petit bateau qui contenait un homme d’une maigreur et d’une pâleur extraordinaires. Cet homme lui dit : « Le temps presse, dépêchons-nous. On va bientôt marier votre femme à son cousin ; mais vous arriverez à temps pour