PEQUELETOU
[ m’en débarrasser » se dit la femme. Elle prit un couteau les saisit l’un après l’autre, leur coupa la tête d’un coup et les jeta loin. Quelques-uns eurent beau chercher à se sauver et à se cacher dans des caisses, des trous ou des ti- ! roirs, ou derrière le balai, il furent pris et eurent ,1a tête tranchée. Lorsque la femme crut qu’il n’en restait plus, elle s’occupa de faire une tourte. Tout en travaillant elle s’écria : « Si j’en avait gardé un, il m’aiderait maintenant. Je l’enverrais porter le dîner à son père. » Une petite voix se fit entendre qui dit : « Mère ne ; vous tourmentez pas, il en reste un ! — Où I es-tu? Viens ! — Non pas, » répliqua la petite voix, « j’ai peur. Quand vous aurez tout préparé, je viendrai ; mais pas avant. » Lorsque la tourte fut prête, la femme en fit deux parts qu’elle mit dans deux paniers avec deux bouteilles de vin; puis elle dit : « Viens, maintenant. » Du trou de la serrure elle vit sortir un petit bonhomme gros comme une fève qui dit ; « Mère, vous ) m’appellerez Pequeletou et vous serez contente I de moi. » Alors, elle lui donna les deux paniers en disant : « Celui où il y a la bouteille de vin blanc est pour ton père, l’autre pour toi; » et, après s’être fait indiquer le chemin, Pequeletou partit. Après avoir beaucoup marché il trouva I un petit ruisseau. « Gomment ferai-je pour pas- , ser, » se dit-il P’Alors il vit un pâtre auquel il dit :
« Beau pâtre, faites-moi passer le torrent, je vous donnerai un verre de bon vin blanc! — Qui parle? » dit le berger, je ne vois personne. »
— Me comptez-vous pour rien, » répliqua la môme voix. Il s’avança et crut voir deux paniers qui marchaient tout seuls. « Que celuiSj qui veut passer se fasse voir, » cria le berger^ Pequeletou monta sur le panier pour se fairej| voir et le berger le mit de l’autre côté du ruis-^, seau. Avant d’arriver chez son père, la même^ü chose lui arriva deux fois. Près d’arriver il|| trouva devant lui un tas de pierres. Jamais j^ ne pourrai passer, se dit Pequeletou, et il se mit* à crier : « Ohé! mon père, venez me prendre. — ^ Qui m’appelle, » dit l’homme, « je n’ai pas d’en-^fj fants. Vous en avez un, venez me chercher. )H:: L’homme vint et vit les deux paniers : « Où est u donc l’enfant? — Regardez bien et vous me ver- •; rez ! » Le père le vit enfin et se fit tout racon- L ter. (( Père », dit ensuite l’enfant, « allez pren- V dre votre repas, je surveillerai si aucun voleur?: n’arrive ; » et il alla se mettre dans un petit troujj du mur. Quelques instants après, il survint trois^^:
bour, dit l’un deux; » mais aussitôt Pequeletom se mit à crier : « Père, ô père, il y a des vo^ leurs! » Ceux-ci regardèrent de gauche à droit^ et, ne voyant personne, dirent : « Qui peut nousj surveiller! » La voix criait toujours : « Père, ôî