‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 70 sur 151 · PEQUELETOU · texte numérisé non relu

PEQUELETOU

père, il y a des voleurs ! — Attendons, » dirent les hommes, « et nous verrons. » Bientôt après le père de Pequeletou arriva et ils lui demandèrent qui était leur surveillant. Le père leur répondit en montrant le trou du mur où .était son fils. « Gédez-le nous pour quelques jours et vous deviendrez riche. » Pequeletou fut obligé I de partir avec eux. Chemin faisant ils lui dirent : r « Nous allons voler une vache dans l’étable que tu vois là; et, comme tu es tout petit, c’est toi qui fera l’affaire. » Arrivés à l’étable Pequeletou entra par le trou de la serrure et de là, cria : « Il y a des bœufs et des vaches, que faut-il prendre? » Gomme toujours il répétait ces mots le maître de la maison entendit et s’écria :

i «Aux voleurs! Aux voleurs ! » Les trois homj mes s’enfuirent laissant Pequeletou à la merci du propriétaire. Ce dernier ne vit personne mais la voix disait toujours : a Que faut-il que je prenne, un bœuf ou une vache ! » Gomme la voix venait de la serrure le maître avança sa lumière pour y regarder : « Vous allez me brûler, dit la même voix, si vous avancez encore la lumière ! » Alors Pequeletou sortit de sa cachette et alla se réfugier dans la mangeoire des vaches et l’une d’elles, le prenant pour une fève, l’avala. Pendant ce temps le propriétaire entra, fit le tour de l’étable et ne trouva personne. Cependant une voix criait toujours : « Que faut-il prendre,

un bœuf ou une vache? — Je ne comprends rien à tout ceci, » dit le fermier; « mais il me semble que la voix vient de l’estomac de cette vache; tuons-là et nous verrons après ». On ne vit rien, ' mais on entendait toujours la voix qui répétait les mêmes mots. En dépeçant la vache on en laissa un morceau hors de l’étable. Un loup? vint à passer qui avala le tout et Pequeletou; avec. Pendant que le loup marchait Pequeletou criait : « Sus au loup ! Sus au loup ! » Et ce ■ dernier marchait sans jamais s'arrêter croyant? que quelqu’un était à sa poursuite. A force de marcher le loup tomba épuisé de fatigue et mourut. Pequeletou sortit alors de sa cachette et ■ s’en alla, courant à toutes jambes auprès de ses parents à qui il raconta ses aventures, leur faisant promettre que jamais plus ils ne l’abandonneraient ni ne le céderaient à personne.

Conté par Madeleine Delicamp.

Comparer : 36. — Cosquin, 53. — Grimm Sy, qS. Ilahn, 55.

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