LE FIN VOLEUR 14I
échelle, en face du palais. Tout était fermé, les ■gardes faisaient la ronde et pas le moindre vestige de passage. Alors, il prit un sifflet et siffla plusieurs fois donnant ainsi l’alarme. Les gardes accoururent aussitôt et voyant un homme sur une échelle crièrent: « Au voleur! » Des coups de fusil se firent entendre et l’homme tomba sur le pavé. Pendant que les gens du roi criaient : « Nous l’avons, nous l’avons? » Le roi descendit laissant la porte ouverte. Au milieu de tout ce tapage le rusé voleur monta au plus vite dans la chambre du roi, s’approcha du lit de la princesse et lui prit le coussin; puis, il descendit, plus vite encore qu’il n’était monté, et retourna chez lui, se disant : je suis sauvé ! On s’aperçut bientôt du piège. Lorsque le roi monta chez lui, la reine lui dit : « D’où vient que tu as enlevé mon coussin tout à l’heure ? » Alors le roi devina ce qui s’était passé et l’expliqua à sa femme. Le lendemain il fit venir le voleur et lui dit : « Je vois que vous êtes vraiment le fin voleur {ou ladrou fin). — Partez de mon pays, je vous laisse la vie, ainsi que je vous l’ai promis; allez vous faire pendre ailleurs. )) Le voleur ne se le fit pas dire deux fois, partit et devint riche, si riche qu’il épousa une belle princesse et qu’il abandonna son triste métier.
Conté par Camiletta Abooii.
Comparer : Cosquin, 70. — Sébillot, l/Se; L. O.
P- — Webster, p. 140. — Campbell, 17 d.
Grimm, 192. — Comparetti, i3. — Hahn, 3.