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LE BRAS DROIT DU ROI RICARD l

roi. — Merci, » dit la fille. Le soir les sept enfants arrivent, la mère les interrogea tous à ce sujet. Le dernier. Tramontane, dit qu’il le savait, mais que, pour y arriver, il y a trois vallons à passer et que pour les traverser il fallait trois poils de sa barbe. Pendant qu’il soupait, la mère lui arrache un poil, puis deux, puis trois, en lui faisant accroire qu’il avait quelques brins de broussaille sur la barbe. Le lendemain, la vieille donne ces trois poils à la fille et lui dit : « Quand vous trouverez un ruisseau, vous jetterez un poil dans l’eau, et de suite le ruisseau sera à sec. » La fille part et fait ce que la sorcière lui a ordonné. Après quatre jours de marche, elle arrive au pays tant désiré. Elle s’y fait fabriquer une quenouille, un fuseau, un rouet et un dévidoir en or, puis elle s’habille en mendiante et va sur la place publique de la ville : là elle se met à filer. Vient à passer la servante du roi qui allait au marché; en voyant cette fille mal vêtue, filant avec une quenouille d’or : « Oh! Rouiniou » lui dit-elle, « voulezvous vendre cette quenouille! — Elle n’est pas à vendre, mais à gagner. Dis à la reine que si elle la veut, elle n’a qu’à me laisser coucher une nuit avec le roi Ricard. » La servante va de

I. Mendiante, Autrefois roiimioti signifiait pèlerin allant à Rome.

suite rapporter ces paroles à la reine; celle-ci consent. Le soir venu, et pendant le repas, la reine verse dans le verre du roi un breuvage pour le faire dormir. Le roi ne tarde pas à s’endormir; on le couche, puis la servante va chercher la mendiante; celle-ci vient et se couche avec le roi. Voyant que le roi ne lui adresse pas la parole, la hile dit toute la nuit : « Ousté ^ ne me parle pas, Ousté ne me dit rien, j’avais une quenouille d’or, et je ne l’ai plus. » Le lendemain, au point du jour, on ordonne à la mendiante de partir. Cette dernière retourne à la place et se met à dévider le hl hlé la veille. La domestique du roi sort encore pour faire ses provisions et rencontre de nouveau la bohémienne; elle lui demande encore si elle veut vendre son dévidoir; la mendiante lui fait la meme réponse que la veille: « Dis à la reine que si elle veut le dévidoir, elle n’a qu’à me laisser coucher cette nuit avec le roi. » La reine accepte encore, et le soir elle verse encore un dormitif dans le verre du roi. Il s’endort, on le couche et on appelle la mendiante; pendant la nuit elle crie toujours : « Ousté, ne me dit rien, Ousté ne parle pas, j’avais une quenouille, et je ne l’ai plus, j’avais un dévidoir et je ne l’ai plus. » Le len-

I. Mot de signification incertaine. On propose l’espagnol Usted.

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