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LES FILS DU PÊCHEUR

fille de celui-ci l’épousa immédiatement, car elle avait promis d’épouser celui qui la délivrerait. Le soir de ses noces, il aperçoit, de sa chambre, une lumière sur une montagne voisine. Il demanda à sa femme qui habitait là : « C’est le palais d’une vieille sorcière; aucun de ceux qui y sont allés n’est jamais retourné ! — J’irai et je retournerai, moi, » dit le jeune marié ! Sa femme cherche à l’en dissuader, mais en vain; il part sur son cheval et avec son chien. Il arrive près du château et frappe. Une élégante jeune fille vient ouvrir et l’introduit près de celle qui passe pour être sa mère. La sorcière alors s’arrache un cheveu et dit au jeune homme : « Tiens, vois-tu cet anneau? attaches-y le chien avec ce cheveu. » Elle s’arrache un autre cheveu et dit : « Voilà pour ton cheval. » Elle s’arrache un troisième cheveu : « Tiens, attachetoi toi-même ! » et il obéit. Le chien, le cheval et le jeune homme étaient devenus trois morceaux de marbre noir. Le lendemain le frère du jeune homme regarde la fiole, et, voyant que le liquide est devenu noir, il en conclut que son frère est mort. Il part et s’en va trouver la femme de son frère ; cette dernière le prend pour son mari et lui dit : « Te voilà de retour de chezda sorcière? » Le jeune homme comprend alors et va lui aussi au palais. Il frappe, la même fille vient lui ouvrir. La sorcière s’ar-

rache un cheveu et lui dit : « Attache avec ceci ton chien à cet anneau. » Il lui rdpond : « Attache-le toi-même ! — Voici un cheveu pour attacher ton cheval. — Attache-le toi-même! — En voilà un troisième pour t’attacher. — Attache-moi toi-même; si tu ne fais revenir mon frère je vais te tuer! » La sorcière fit revenir son frère, le cheval et le chien, après quoi elle fut mise à mort. Pendant que ceci se passait au palais de la sorcière, la reine faisait publier que celui qui pourrait lui donner des nouvelles de son mari serait récompensé. Un marchand d’oignons se présente alors et se dit le mari de la fille du roi. Elle le croit. Sur ce arrivent les deux jeunes frères et le véritable mari dit au marchand d’oignons : « Si tu es le mari de la fille du roi, montre-moi les sept queues du monstre que tu as tué. — Je les ai jetées » répond l’autre. — « Eh bien, les voilà, » dit le véritable mari. On chasse alors le marchand d’oignons et le jeune marié reprend sa place. Quant à son frère il épousa celle qu’on disait être la fille de la sorcière et qui était réellement une seconde fille du roi qui la pleurait depuis longtemps. De grandes fêtes accompagnèrent ce mariage; quant à moi, en passant sous les fenêtres, j’ai reçu un os sur le crâne et j’en ai encore mal de tête aujourd’hui.

Conté par Pierre Tiranty.

39* les fils du pêcheur

Comparer : 4g, 53. — Cosquin, 5. 37, 55. — Sébillot, I, 18. — Webster, 2 et p. 87. — Campbell, 4. — Grimm, 60, 85. — Basile, I, 7, 9. — Comparetti, Sa.

— Imbriani,N. F. 28. — Visentini, 19. — Pedroso, 25.

— Hahn, 22. — Steel, 16.

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