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LE MORT RECONNAISSANT

1er le capitaine Jean et lui demande des explications. Jean lui dit ce qu’il savait, et le roi, transporté de joie, lui ordonne d’aller chercher sa fille. Jean revient à Calais, fait part à sa femme de ce qui venait de lui arriver et s’embarque avec elle et son fils pour retourner à Londres. Arrivé à mi-chemin il rencontre une barque que le roi avait envoyé au-devant de sa fille. Elle était montée par les mêmes gentils- • hommes à qui il avait autrefois confié sa fille; Jean les reçoit à bord de son navire et, tandis que la princesse est dans sa chambre avec son fils, une violente tempête s’élève. La princesse effrayée appelle plusieurs fois Jean qui lui répond que pour l’instant sa présence est nécessaire sur le pont. Soudain, profitant d’un coup de mer plus violent que les autres, un des gentilshommes lui donne une poussée et il tombe à la mer. La princesse appelant toujours son mari, on finit pour lui dire qu’une vague l’a emporté. La pauvre femme est au désespoir; mais elle arrive bientôt auprès de son père qui fait son possible pour la consoler. Le malheureux Jean ne s’était point noyé, il avait gagné une île à la nage. Il y vécut plusieurs années; sa barbe ayant poussé il était devenu presque méconnaissable. Un matin, en s’éveillant, il entend une voix qui l’appelle : « Jean, » lui dit-on,

{( dans quelques jours ta femme va se marier

avec ton assassin; si tu veux empêcher ce mariage tu n’as qu’à prendre ce sifflet. Au premier son que tu en tireras, tu te trouveras dans le palais de ton beau-père; mais, pour que je te le donne, il te faut faire un sacrifice, trop grand peut-être. Il faut que tu me donnes, lorsque je le réclamerai, la moitié de ton enfant! » Jean, ne pensant qu’à empêcher le mariage, oublie tout le reste et accepte le marché. L’inconnu lui remet le sifflet et disparaît. Le lendemain, au point du jour, il souffle dans l’instrument et au lieu de l’île déserte, il voit devant lui le palais du roi d’Angleterre. Il y avait dans la ville un mouvement inaccoutumé, il n’était question que du mariage de la fille du roi. Une foule de personnes étaient employées au palais, Jean se présente et est admis à transporter du bois, de la cour dans l’intérieur. Il avait reçu de la princesse, le jour de son mariage, une magnifique bague de diamant qu’il portait toujours à son doigt. Tandis qu’il remplissait sa charge cette bague avait attiré l’attention, si bien que la princesse en fut avertie. Elle ordonne aussitôt qu’on lui amène le malheureux, et qu’elle n’est pas sa joie quand elle reconnaît sous ces longs cheveux et ces haillons l’homme qu’elle n’avait point cessé d’aimer et qu’elle croyait enseveli sous les flots. Elle fait appeler son père; Jean raconte tout. On fait venir le

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