LE MORT RECONNAISSANT I9I
coiffeur et le marchand d’habits, en un instant il est transforme. Un diner est commandé, tous les seigneurs du royaume doivent y assister; le mari de la princesse est choyé, fêté de toutes parts. Soudain, un coup de cloche retentit. Un valet vient prévenir Jean qu’une personne demande à lui parler. Le malheureux pâlit, il se souvient de la promesse qu’il a faite. Il quitte pourtant la table et se rend auprès de l’inconnu : « Je viens voir, » dit celui-ci, « si tu es prêt à tenir ta promesse. Si le contraire arrive, un coup de sifflet suffit pour te reconduire dans ton île. » Le malheureux père saisit son enfant, le presse sur son cœur et ne peut se résigner.
« Dépêche-toi, » dit l’autre, « j’ai déjà trop attendu ! » L’infortuné prend l’enfant s’empare ! du couteau que lui présente l’inconnu et lève le
I bras pour le laisser retomber sur la tête de j l’innocent. « Arrête, Arrête! » s’écrie l’homme I de l’île, « j’ai voulu t’éprouver, mais aussi te I rendre heureux. Aurais-tu oublié celui que tu
as retiré de la dent des chiens et qui a été enseveli à tes frais? Je suis celui-là ! Garde ton fils, sois heureux avec ta femme et lui. Adieu, souviens-toi quelquefois de moi ! » A ces mots il disparut. En effet, Jean vécut longtemps heureux dans le palais du roi son beau-père et eut beaucoup d’enfants. Quant à l’assassin, à celui qui voulait devenir le mari de sa femme, on prit
un sac de soufre dans lequel on le lia; on y mit J le feu et ce fut un spectacle pour la foule réunie i sur la place publique. ./r
Conté par Claire Carabalona. ‘ ,
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