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Ibid

46 Contes de Moncrif.

voir puiser un surnom plus honorable que dans rattachement qu'il avoit pour un chat qu'il portoit toujours entre ses bras, il le surnomma donc par excellence, A buhareira, c'està-dire le père du chat l.

Mahomet alors, dans les premiers progrès de sa séduction, pesoit toutes ses démarches; il étoit trop politique pour appeler un de ses disciples, auquel il vouloit donner de l'autorité, le père du chat, si les chats n'avoient point été en grande considération chez les Arabes. L'effet que les noms propres produisent dans notre imagination ne nous donne-t-il pas lieu de croire que dans toutes les nations il y a toujours eu une idée d'élévation ou d'avilissement attachée à ces mêmes noms propres? Ç'auroit été sans doute un grand travers à la Mecque et à Médine de s'appeler le père des cochons depuis que ces animaux avoient été proscrits par l'Alcoran.

Il est échappé aux recherches de ces différents voyageurs une tradition orientale sur l'origine des chats, qui me paroît plus imposante qu'aucune de celles qui viennent d'être rapportées, étant vraisemblable en quelques circonstances ; je la tiens de Mulla2, qui accompagnoit en France le dernier ambassadeur de la Porte. Voici cette tradition :

1. Prideaux, Vie de Mahomet, p. 227 et 228. Il rapporte, pour autorité, Elmacin et Bochart.

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