Correspondance littéraire. — Novembre
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dit qu:il était noble et généreux dans sa dépense. Dans ses manières, il était recherché et minutieux et. comme auteur \ fort susceptible.
Le grand âge de /;historiogriffe prêta souvent à la plaisanterie de ses confrères : « On ma mandé, écrit Voltaire à Mmt du Deffant, qu'on avait découvert un bâtard de Moncrif qui a soixante-quatorze ans; si cela est. Moncrif est le doyen des beaux esprits de Paris, mais il veut paraître jeune et dit qu:il n'a que soixante-dix-huit ans. C:est avoir un grand fonds de coquetterie, i — Le roi lui-même , qui aimait à ^entretenir d'âge, dit un jour à notre académicien qu:on lui donnait plus de quatre-vingt-dix ans. « Je ne les prends pas, Sire, » répondit celui-ci ; et si Von en croit les on-dic de ces demoiselles, il n:en eut jamais les symptômes.
On le disait beaucoup plus vieux en effet qu'il n'était, parce que M. le comte de Maurepas, ancien ministre d'Etat, aimait à dire que Moncrif avait été prévôt de salle lorsque son père y faisait des armes, ce qui donnait plus de cent ans au poète du Rajeunissement inutile. Lorsqu'il s'endormit du dernier sommeil, le iz novembre 1770, il n'était âgé que de quatre-vingt-trois ans. Il languissait, les jambes ouvertes, — depuis plus de dix mois — , si nous en croyons une correspondance de d'Alembert du2^jan-
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vier de la même année : <i Nous avons bien des académiciens qui menacent ruine : l'abbé Alary. le président Hénault et Paradis de Moncrif qui sera bientôt Moncrif de Paradis. »
D'après Bachaumont; il ne doutait pas que sa fin n' 'approchât } mais il l'envisageait en vrai philosophe , il s' entretenait de ce dernier moment avec beaucoup de présence d 'esprit et sans aucun trouble, et il ordonna lui-même les apprêts de ses funérailles. <( // a voulu semer de jieurs le reste de sa carrière et a toujours reçu du monde ; accoutumé à voir des filles et des actrices, il égayait encore ses regards du spectacle de leurs charmes ; ne pouvant plus aller à V Opéra où il se rendait habituellement . il avait che\ lui de la musique, des concerts . des danses. » En un mot. il est mort en Anacréon comme il avait vécu.
M. de La Place fit à Moncrif V êpitaphe que voici :
Réalisant les mœurs de l'âge d'or, Ami sûr, auteur agréable 5 Cy-gît qui, vieux comme Nestor, Fut moins bavard et plus aimable.
Que pourrions-nous ajouter à ce quatrain qui a le mérite de ne rien signifier? Lorsqu'un courtisan comme Moncrif cesse d:ètre> il reste bien peu de chose dans la mémoire des hommes ; telle une grande coquette
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disparaît de la société^ on s'en souvient peut-être plus qu:on ne se la rappelle. Les jiatteurs s: évanouissent comme les caresses des courtisanes^ la profusion en enlevé toute la saveur, la banalité leur ôte tout le prix qu'on pourrait y attacher.
Sans négliger aucune source et mettant en avant tous nos documents, nous avons volontairement quelque peu sacrifié la fugitive physionomie du courtisan académicien dans la courte notice biographique qui précède ; mais l'on comprendra aisément qu'il ne rentrait pas dans nos attributions de développer nos antipathies pour le caractère privé de Paradis de Moncrif En entrant sur le domaine de l'œuvre, le bibliographe retrouve dans la froideur du catalogue une neutralité forcément imposée, et nous croyons pouvoir avancer que. dans la nomenclature chronologique des ouvrages de notre petit conteur, nous donnons un travail aussi complet que possible, minutieux par les recherches, et concis dans les détails.
1714. — Les Aventures de Zéloïde et d'Amanzarifdike, conte indien. Paris, Saugrain. 1 vol. in-12.
Reproduit sous le titre des Mille et une faveurs.
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Paris, Saugrain, 1716, et à Bruxelles, in-12, sous ce même titre en 1717. Ce conte se trouve également inséré dans le Cabinet des Fées, t. XXXII, in-8°, 1786. Amsterdam et Paris, p. 273 et suiv. On y trouve une composition de Marillier, gravée par Delvaux.
1722. — Les Abdérites, comédie en vers libres . en 1 acte, avec prologue. Paris. Quillau. 1 vol. in-12.
Composée pour la duchesse douairière, mère du comte de Clermont ; représentée à Fontainebleau en 1732.
1727. — Histoire des Chats, Dissertation sur la prééminence des chats dans la société des autres animaux d:Egypte, sur les distinctions et privilèges dont ils ont joui personnellement } sur le traitement honorable qu'on leur faisoit pendant leur vie et des monuments et autels qu'on leur dressoit après leur mort, avec plusieurs pièces qui y ont rapport. — Paris, Quillau. 1 vol. in-8°, 8 figures originales par Coypel, gravées à Peau-forte par le comte de Caylus.
Réimprimé en 1728 à Rotterdam, chez J. Daniel Bemain, 1 vol. in-8° ; les fig. de Coypel, gravées par Otten. Une autre édition de (Paris), 1748, 1 vol. in-8°, porte le titre de Lettres philosophiques sur Vhistoire des Chats. — Nouvelle réimpression à Amsterdam en 1767, in-8°. Il y a
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une édition de ce livre sous le titre : les Chats . prétend Quérard, datée de Rotterdam, 1741, in-8°, dont les figures portent au lieu de : C. sculpsit, Coypel sculpsit. Il ne peut y avoir là qu'une erreur de graveur de lettres. Les Chats ont été insérés dans le tome XI des Œuvres badines complètes du comte de Caylus} 1787, in-8°, avec une gravure nouvelle de de Launay. Les œuvres complètes de Moncrif ne contiennent cet ouvrage que dans les éditions de 1764, 4 vol. in-12 et 1791, 2 vol. in-8°.
Les critiques de ce livre sous le titre : Histoire d'un Rat calobris à citron Barbet au sujet de V Histoire des Chats, par M, Montgrif y Ratapolis, Mathurin Lunard, 1727 et 173 1, in-12, et la Lettre galante et divertissante pour régler la vie des Chats. ont été réimprimées dans le Dictionnaire néologique à l 'usage des beaux-esprits du siècle (par l'abbé Desfontaines). Amsterdam, 1728, in-12.
Les Chats ont encore servi de modèle à l'Histoire des rats pour servir à l'histoire universelle^ attribuée à de Segrais, Ratapolis, et insérée dans les Œuvres badines de Caylus, à la suite de l'Histoire des chats. En 1866, M. Jean Guay a fait paraître un recueil de pièces rares et curieuses sur la gent féline sous ce titre : les Chats, Bruxelles, 1 vol. in-12. Signalons aussi, sous ce même titre, le joli livre de M. Champfleury publié chez J. Rothschild, en 1870, in-8° et in-12,
1733. — L'Empire de l'Amour, ballet héroïque en
et les Œuvres de Moncrif. xxxix trois entrées et i prologue en vers libres. Paris, J.-B.-C. Ballard, in-4° ou 1741, in-40.
On trouve dans le Mercure de France de 1733 (20 juin) un extrait de ce même ballet.
I7^8. __ Essai sur la nécessité et les moyens de plaire (1 frontispice et 1 Jleuron sur le titre). Paris, Prault, in- 12.
Sous la même date et dans le même format, autre édition à Amsterdam chez François Changuion. — Le nom de Moncrif est ici écrit Moncrif e.
1738. — Les Ames rivales, histoire fabuleuse. Londres et Paris, in-12.
Une édition de Londres, 1738, in-12, est accompagnée du Temple de Gnide de Montesquieu et ainsi intitulée : le Temple de Gnide } suivi des Am es rivales } histoire fabuleuse, par M . de Moncrif. C'est à propos de cette édition que Moncrif reçut la lettre suivante, que nous trouvons dans la correspondance de Montesquieu : « A Moncrif. de V Académie française : J'oubliais d'avoir l'honneur de vous dire, monsieur, que si le sieur Preau (sic) dans l'édition de ce petit roman (le Temple de Gnide) allait mettre quelque chose qui, directement ou indirectement, pût faire penser que j'en suis l'auteur, il me désobligerait beaucoup. Je suis, à l'égard des ouvrages qu'on m'a attribués, comme La Fontaine-Martel était pour
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les ridicules : on me les donne, mais je ne les prends point. Mille excuses, monsieur, et faitesmoi l'honneur de me croire, monsieur, plus que je ne saurais vous dire, votre, etc. Montesquieu ». (Du 26 avril 1738.)
1739. — Journal des Savants. Dissertations.;^ de Moncrif.
Dans le Journal des Savants y de 1739 à *743> on trouvera des opuscules de notre académicien.
1743. — Œuvres mêlées de Moncrif. Paris, Bruner. 1 vol. in-12.
1745. — Zélindor, roi des Sylphes, ballet en 1 acte et en vers libres. Paris, J.-B.-C. Ballard, 1 vol. in-40.
Nouvelle édition, sans noms de ville ni d'imprimeur en 1753, m"8°, et Paris, P.-R.-C. Ballard, 1769, in-8°. On trouve de même, à la date de 1745, in-40, Zélindor. précédé d'un prologue et suivi de la Provençale. 1 acte en vers libres, paroles de Lafont. Paris, chez J.-B.-C. Ballard.
1747. — Poésies chrétiennes de Fr.-Aug. de Moncrif, composées par ordre de la Reine. Paris. 1 vol. in-8°.
1748. — Almasis, ballet en 1 acte et en vers libres.
sans noms de ville ni d'imprimeur. 1 vol. in-8°.
Réimprimé à Nantes, chez A. Marie, 1754, in-8°.
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1748. — Ismène, pastorale héroïque en 1 actey sans noms de ville ni d'imprimeur. 1 vol. in-8°.
Nouvelle édition, Paris, P.-R.-C. Ballard, 1769, in-8°.
1751. — Les Génies tutélaires. Divertissement composé à la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne . 1 acte et en vers libres. Paris, veuve Delormel et fils. 1 vol. in-40.
1751. — Observations pour servir a l'histoire DES GENS DE LETTRES. Paris. I vol.
in- 12 de 16 pages.
175 1. — Œuvres de M. de Moncrif, de l'Académie française. Paris, Brunet. 3 vol. in-12.
1753. — Lettre sur une matière intéressante pour tout bon citoyen. Paris, i vol. in-12.
1754. — Lettre sur la Personne et les Ouvrages de l'abbé Terrasson. Paris, 1 vol. in-8°.
1756. — Théâtre des Boulevards, ou recueil de parades (par Salle, Fagan, Moncrif, Piron, Collé, publié par Corbie), à Mahon, de l'imprimerie de Gilles Langlois. 3 vol. in-12, figures.
On voit dans ce recueil : Y Amant cauchemar . parade en vers par Moncrif.
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1757. — Choix de Chaxsoîcs, à commencer de celles du comte de Champagne^ roi de Navarre, jusques et compris celles de quelques poètes vivants . Dédié à Mmt L. P. D. 'recueillies par de Moncrif). Paris, 1 vol. in-8°.
Nouvelle édition en 1759. C'est le seul volume qui ait paru.
1765. — Erosixe, pastorale héroïque, en 1 acte et en vers. Paris, Ch. Ballard. 1 vol. in-8°.
Nouvelles éditions, en 1768, sans noms de ville ni d'imprimeur, et, en 1769, à Paris, chez C. Ballard, 1 vol. in-8°.
1768. — Œuvres de M. de Moxcrif,, lecteur de la REINR, etc. Nouvelle édition. Paris, veuve Regnard. 4 vol. in-12.
Mêmes figures que dans l'édition de 1751, un titre de de Sève, gravé par Bacquoy, le portrait de Moncrif par Duflos et celui de Stanislas, roi de Pologne, par Musse, gravé par Cathelin. 4 compositions de de Sève, gravées par Bacquoy, Chenu, Sornique et Tardieu. Planches de musique gravées.
1770. — La SybillE, opéra en 1 acte et en vers libres. Paris. P.-R.-C. Ballard. 1 vol. in-8°.
1773. — Les Mélanges lyriques, ballet héroïque, composé de V acte d'Ismene et de Zélindor. le tout en vers libres. Paris, Delormel, in-40.
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1778. — Recueil des meilleurs Contes en vers, à Londres, 4 vol. ornés d'une gravure de Duplessis-Bertaux en têce de chaque conte; les Contes de Moncrif se trouvent dans le tome III. Format in-16 Cazin.
Réimprimé à Paris, par Leclère fils, en 1862, avec les mêmes gravures, et à Rouen, parLemonnier, éditeur, en 1879.
1791. — Œuvres de M. de Moncrif, édition augmentée de /'Histoire des Chats. Paris, Maradan. 2 vol. in-8°, figures.
Réimprimées en 2 vol. en 1792 et 1796. Même format et mêmes figures.
1793. — Origine des Puces et le Pucelage conquis, poèmes libres et autres pièces du même genre. Paris, chez les marchands de nouveautés. 1 vol. in- 18 de 142 pp.
V Origine des Puces est attribuée à Moncrif par
de Manne.
1801. — Œuvres choisies de M. de Moncrif, contenant les Essais sur les moyens de plaire. ses Lettres sur l'usure et ses Poésies diverses. Paris, Lenoir. 2 vol. in-18.
On a attribué de nombreux ouvrages à Moncrif; Une nous a pas semblé urgent d'en discuter ici l'or i-
xliv Notice sur la Vie de Moncrif.
gine. Dans les œuvres qui suivent on remarquera que nous n'avons rien négligé -pour donner à cette nouvelle édition le même luxe que dans les -précédentes et toute la correction typographique que Von pouvait attendre de nos soins ordinaires. Dans les Moyens de plaire nous avons trouvé quelques petits contes joliment tissés sur une trame légère et dignes d'être remis au jour} tandis que dans /'Histoire des Chats nous reproduisons les remarquables compositions de Coypel si recherchées des amateurs et des curieux. En nous montrant sévères dans notre jugement nous nous sommes renfermé dans les bornes de notre art ; les censures suivent de près les approbations, lorsque la sincérité forme une loi dans la conscience d'un biographe comme elle compose une vertu dans l'âme d'un historien.
Paris, 12 juillet 1879.
Octave UZANNE.
Jfe
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