‹ Contes moraux de Miss EdgeworthChapitre 26 sur 42 · COMES MOR. T. II · texte numérisé non relu

COMES MOR. T. II

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avait proniise à ce sujet au valet cVécurie, n'avait pas en* core été payée, et celui-ci, déterminé h se venger d'Arîliibald, avait inventé un ingénieux moyen de satisfaire son ressentiment. îl avait appris à Sawney à se cabrer et à faire le plongeon successivement, toutes les fois qu'il se sentait les jambes caressées par le balai de Técurie. Quand Sawney fut bien dressé à cet exercice, !e malin valet communiqua son dessei?i à un sien ami, boueurde son état, en lui faisant part de ses motifs de plainte. Le boueur partagea le ressentiment de son ami et lui promit le secours de son balai dès qu'une occasion finorable s'offrirait à lui. L'heure de la vengeance avait sonné ! Le boueur avait aperçu te jeiine gentilhomme monte sur Sawney, dans toute sa gloire; il ne le perdit pas de vue, pendant qu'il galopait à côté du baronnet vers le haut de la rue, où il y avait tin embarras de voitures causé par le stationnement du tombereau. Au moment 6li Archibald passart devant lui à la portée de son balai , le boueur toucha légèrement les jambes du cheval. Sawney se cabra aussitôt et fit le plongeon à diverses reprises, pendant que le lx)ueur étouffait un rire malin ci Técart. Forester essaya de saisir la bride; mais Sawney, qui semblait résolu d'en \enir à son honneur, obtint bientôt le plus éclatant triomphe. Lorsque Forester toucha la bride, il se cabra de nouveau et fit ensuite un plongeon si vigoureux, qu'Archibald Mackenzie perdit la selle et fut étendu tout de son long dans le tombereau du bousur.

Pendant que l'élégant Archibald barbottait dans la boue, Forester remit Sawney au domestique qui accompagnait les deux cavaliers, et satisfait de voir que Mackenzie n'avait aucune blessure dangereuse, il ne s'en inquiéta plus. 11 se tourna pour aider une pauvre blanchisseuse qui se hâtait de rentrer un grand panier de linge blanc dans sa maison pour le mettre à Tabri des éclaboussures du torn-

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FORESTER. 99

bereau. Il se retirait après avoir aidé cette femme â rentrer le panier dans l'allée de sa maison , lorsqu'il entendit une petite voix à Textérieur d'une porte qui fermait Tel • tre extrémité de Tallée. C'était la voix d'un enfant, et il sembla à Forester Tavoir entendue déjà.

— La porte est fermée, dit la blanchisseuse, et je sais qui vient de frapper : c'est une petite fille qui vient chercher un bonnet que j'ai là dans mon panier.

A ces mots, elle ouvrit la porte, et Forester reconnut Mary, la petite fille au géranium. Quelle foule d'idées cette enfant vint réveiller dans l'esprit de Forester! Elle leva les yeux sur lui, ei toute troublée lui fit une révérence, puis se détourna comme si elle eût eu peur de s être trompée, et demanda à la blanchisseuse si elle avait plissé le bonnet de sa grand'mére. La blanchisseuse chercha dans son panier et en tira le bonnet proprement plissé. Pendant ce temps, la petite fille considérait Forester avec attention. — Je crois, lui dit-elle enfin timidement, que vous êtes le monsieur qui fut assez bon pour....

— Oui, répondit Forester, je sais ce que vous voulez dire. Je suis celui qui se rendit avec vous chez la maîtresse d'école pour obtenir justice de celte méchante femme : je ne vous ai même pas rendu un grand service dans cette occasion, ma pauvre enfant. Avez-vous vu.... Avez-vous entendu parler de?... Tant de souvenirs se pressaient dans le coeur de Forester, qu'il ne put prononcer le nom de Henry Campbell, et il changea de conversation. — Votre vieille mère est-elle rétablie? lui demanda-t-il.

— Elle se porte tout-à-fait bien à présent, je vous remercie, monsieur. Elle est presque rajeunie, depuis que vous l'avez vue. Peut-être ne savez -vous pas combien M. Henry et la jeune dame ont été bons pour nous? Nous ne demeurons plus dans cette petite chambre étroite et sombre où vous nous avez vues chez rhorloger. Noi's

somnifs aussi heureuses, monsieur, que le jour est long.

— Mais Henry?... Mais sa?...

— Oh! monsieur, si vous n'êtes pas trop pressé.... ce nest qu'à deux pas d'ici.... Si vous pouviez venir voir noire nouvelle demeure; je ne veux pas dire notre maison, car elle n'est pas à nous ; mais c'est nous qui en prenons soin, et nous avons deux petites chamhres pour notre usage; et M. Henry et miss Flora y viennent souvent nous voir. Je voudrais que vous vissiez comme nos chambres sont propres et jolies! La maison n'est pas loin , seulement au bout de la prairie.

— Montrez-moi le chemin, je vous y suivrai, dit Forester, après qu'il se fut assuré qu'il ne courait pas le risque d'y rencontrer personne de la famille Campbell.

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