EUGÉNIE ET LÉONCE OU LA ROBE DE BAI
génie, et prendre quelques informations sur le caractère de Léonce. Tout ce qu'elle ^apprit ne fit que redoubler son désir de l'adopter pour son fils ; et le comte la pressant de nouveau de lui donner une réponse, elle ne balança plus. Tout étant d'accord , on signa le contrat de mariage. Le lendemain, Léonce reçut avec transport la main de l'aimable Eugénie, et l'on conduisit aussitôt les nouveaux époux dans une terre charmante que possédait le comte à dix lieues de Paris. Il fut décidé qu'on ne retournerait à Paris que sur la fin de l'automne.
Mme de Palmène passa trois mois avec eux. Au bout de ce temps, elle fut obligée de les quitter. Comme elle comptait s'établir définitivement à Paris, l'arrangement de ses affaires exigeait qu'elle fît un voyage en Touraine. Quoiqu'elle dût être de retour avant l'hiver, Eugénie eut besoin de toute sa raison pour supporter une séparation si douloureuse. Son chagrin et sa mélancolie, après le départ de sa mère, la rendirent plus intéressante encore aux yeux de Léonce. Il trouvait une douceur secrète à la contempler dans cet état d'abattement et de tristesse. En voyant couler ses larmes, il se disait : « Quels seront un jour mes droits sur un cœur si sensible et si reconnaissant! »
Us allaient se promener tèle à tète. (Paye 135.)