TOME I. fi
pe'rité et de' gloire mouie i je suis à l'heure qu'il est' un des plus vieux journalistes de Paris - . Cela vous fatigue si vite ^ Je journal $ cela Vcwis vieillit si vît» , improviser tous lefc jours 'de quoi suffire à cette immense consommation d'esprit, de • style y de colère, d'indignation*, de -raillerie ! Hélas', à mon tonr j« me sens en retard déjà. Moi qui vous parle r j'ai vu^s' élever à côté de moi, au dessus de jnôi ^ nos» plus habiles écrivains périodiques, ceux qui tiennent en lenrs mains toute* te&' destinées du payV «Técrivate
déjà quand ïls ont commence àécrire , mais avec quelle Verve r grand Dieu! Comme il se sont dessinés* tout d'abord ! qrte' de grandes choses ils ont faites ! Les uns ont renversé le ministère Polignac en six bonds ; les autres ont pris par la main la révolution de Juillet, '«elte terrible fille, s'efforcant de ia guider dans le chemin qu'ils lui avaient tracé à l'avance $ tous ils ont agrandi le langage $e la presse , touS ils ont rendu à la critique sa dignité et son éclat. Oh! c'est un beau spectacle, la presse périodique?
Que de grands noms! que de zèle ! que de courage ! que d'éclat ! quelle abnégation profonde de soi-même ! quelle sainte co- 1ère ! quelle verve inépuisable !
Tous les jours être prêt! Emeute, révolution, rue Saint-Denis, rue dçsProuvaires, guerre au dehors, peste, rien n'y fait j^ils sont toujours là , la, sur la brèche ! Que de* génie dépensé ainsi, jeté au vent , prodigué à la foule qui passe ! Et puis les longs procès criminels , et puis les prisons sans fin , et puis les voyages de Versailles à Paris entre deux gen-
. - 14S — darmes , et puis lés amendes 5 et puis les pauvres femmes qui tremblent et se préparent à mourir , : entendant le gendarme de l'état de siège qui escalade les murs de la maison; et puis, d'autre part, l'écrivaiu qui défend seijl contre tuûs ce <Jue tout le monde attaque, qui reste impassible devant la foute, qui tient à son devoir et à son droit, et qui reste au but qu'il s'était tfacé, sans vouloir avancer ni reculer d'un pas ! C'est Stoïque et; beau! Notre siècle est le siècle de la presse ; notre siècle estlesiède delà pensée libre;
notre siècl« est, île siècle de to-us
le& genres d'indépendance. Qu'il faille défendre ce q^i existe, qu'il taille défendre ce<q^i n'est plus,*
ou pousser de. toutes . ses forcés à un avenir difficile, ilfr sont ton* prêts : voyez-les, pas Un ne recule !
Que devien neut dt>oc,*n présence de ces hauts et sincère^ tçiuoigna^ ges , toutes les dëcla,maliops dtf siècle passç, sur les gens de lettres en générai et en particulier Siur les écrivains] des feuilles pédqdir q ues ? Cela fut long-temps, une plaisanterie consacrée- Vol^^ luî-mêj#e, le prcjtniçr htwtfme qui
ait fait un journal en France; car, sa correspondance, qu'est-ce autre chose sinon le seul journal possible de cette époque? Voir- Caire lui-même, quels sarcasmes n r a-*-il pas trouvés contre les journalistes de son temps ? sarcasmes ' souvent répétés , sarcasmes impossibles aujourd'hui.
Aujourd'hui ayant tout, et pour tout homme qui fait un journal, la vérité est une nécessité aussi bien que la justice. Lisez tous les journaux du temps, et, après les avoir lus, comparez-Jes entr'eux :
•je tiens pour certain que dans, le