‹ Contes nouveauxChapitre 14 sur 37 · TOME.I · texte numérisé non relu

TOME.I

f0tfd,sinwrt datas- lès f<*mes, votfc trouviez qiifc tous^ls s'àccCft dettt ■àfléwir ce qui est iriftrme,'!t ioqfer ce qui est noble et bon. \\ est impossible qu'il en sotoàirtf èfiaea* avec la liberté' delà presse : efln^et en eftet r&gè'd'or 'de ! 1 -écrivain périodiques AuSsi' regardez ,41 tt*y a plus <le ftvres ax»joui*d'lv»i ,^*I n'y ia'plus que des journaux.

- Je «suis ' dôtic heoreux ret >ft«r 'd'être un 'des hommes de oeofe 'presse, 'ttcA indigne! Depuis

tantôt -finit •• fl[as * "j'y '« •*■véNté nnk w^o«r;9Vee!tbùt le

^èîë'doflVifeSÙIs'capabfej , (faisant

4es divTes pour une distraire et pour réaliser, si je -puis r ujoëriques ùiaes des idées \ qjut je ireor ^ontre data ma tête en jpadsarat en reviue les idées jdks aulnes.

— Quand: je commençai à «on ne pour la praariène fois dans un journal, et que je ,nae (Jeniandai coaxœie Figaro, mou ; patron :

Qsn'y ;a~t-il? Lee. réponses m'arrivèrent en lotile, et j Vus bien de ila peme, dams ee teraps-ia , à*les xiemiêier toutes^ ces réponses-à rma questkoa imprudente. *Ge xju'il y Bvait laloars ten 'France était vme uchose i immense en apparenoe ,

une chose inépuisable en apparence y un univers entier à exploiter par un journaliste de vingt ans, comme moi. Eh bien! horreur ! tout ce qu'il y avait en France est mort depuis , ou s'est évanoui on ne sait où. Tout cela a été dévoré par le journal; le journal, cette frêle puissance quand j'ai commencé, puissance si débattue et sur laquelle le censeur pouvait chaque soir jeter son soufile infâme , mutilant une pensée avec autant de sang froid que le bourreau coupe la tête 4' un homme ; le journal seul a

ctëvoré tout cela. Quand donc ' je me demandai en commençant :

Qu'y a-t-il ? je trouvai le monde littéraire et politique dans une surabondance inouie. Qu'est de-*-' venu tout ce monde? Il y avait dans ce temps- là Byron le poète* mort en Grèce. Il y avait la Grèce renaissante , morte à Cogstanti*nople. Il y avait M. Garimir Dela^ vigne le poète, mort -en faisant une ballade. M. BérçLfegfer le poète, mort ou plutôt silencieux 1

depuis la dernière révolution î

Il y avait Y Histoire de la Rér solution et M. Thiers , mort

*M. Thiers au mii^istère : il y avait Shakspeare , Schiller , tous les théâtres étrangers , qu'on traduisait avec ardeur et passion comme 4es chefs df uu^littératureà venir et qui u est pas vénue^ilyavaifrWalter Scottyle romancier* V historien r le poète? leçtatilhoroBke si populaire : Bftort Schiller, mort Shako pea*e?, et mërt le poète romancier çfi ^revenant de Rome à Ahboteford. Il y avait Talraa dans toute sa gloire r soutenant de son génie , qui n à v 3* fc j a mais été ptas bpttreÀx^ cp qu'on est convenu d'appeler ta tragédie, française $

mort Taltasm , mort le grand tragédien , irçort , .emportant la tragédie française daca la tombe comme une coog^eqsatioq à sa perle : mort vous dis-je ! Et- moi j'ai suivi , comme la foule , ces tragiques dépouillas dont s'était inquiété monseigneur, l'archevêque de Panis luâ-même ; mais le préfet, aussi bien que le comédieo , est raort aussi;, plu» mort que' le : tragédien lui ~ même ^ car les roi n#sdu Théâtre-Français so n t debout encore , protégées, par riudifféseuce de la foule et par lfi noçi du pj&priétaife * peodano

que les rtiines de l'arehétêché, qui n'avaient, pour les défçnSre qu'une religion de dix-huit siècles, ont été renversées d'un coup de main dans une folle journée de carnaval.

Quand on pense à tout cela , que de ruines , mon Dieu ! Quel abîme entre le moment où j'ai taillé ma plume pour écrire en public, et celui où j'écris ce résumé funéraire, dans lequel encore j'oublie tant de gloires très vivaces alors, qui ne sont plus même des glaires posthumes aujourd'hui!

Qu'est devenu Cuvier qui savait

tout? Saint-Martin qui savait le sanscrit , Goethe qui était toute l'Allemagne? Qu'est devenu tout Y Orient chez nous ? mort tout cela ! Or, tout cela, c'était la pâture vivante et le journal de l'époque. Le journal vit toujours. Que j'en ai vu tomber, une à une, de ces renommées qui étaient notre orgueil ou notre envie! Que j'en ai vu mourir, de ces puissances si

violemment attaquées !

Saint-Acheul et Mont-Rouge ,

que sont-ils devenus ? Où trouveraient-ils ces anaclironismes chrétiens si redoutés et si peu re-

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doutables,. où trouYeraiçnt-ils , m£ me dfws l'Ecriture, upe expression assez moqueuse ppurpçincjrei la rapidité de leur passage : Tranr sivi, et nefierat! J'ai tu balayer Mont-Rouge, ce repaire , comme noua disions alors. J'ai vu partir M. de Frayssinous, où est-il £ J'ai vu monter 3 côté du jeune ministre? de l'intérieur, M. de Montylivet,, dans la calèche qui te ramenait de Vipcennes, ente sattvantdes mains du peuple r M. de Polignac, le premier ministre, celui-là irtême que le roi Charles X avait tenu si long-teimps

suspendu sur la tête, de la Charte au fil de, l'article quaUwze ; tout celai tué par k journal cependant I mais le journal' vit toujours.

Que de morts , que de ruines , que de desastres ,4 que de fortunes évanouïesl Dans ce temps-là, nous ne portions qu'en, tremblant nos mains hardies sur ees hoqiraes qui se sont dissipés au premier souffle de la colère populaire* Charles X , le roi de Rambouillet, espèce de stoïcien du dernier degré', qui a perdu avec un sarxg- froid plus que chrétien la plus belle couronne de l'univers; l

cbmtne c'était un roi respecté

dans Paris ! Nous avons vu aussi tomber celui-là , nous autres qui avions vu passer le cercueil de Louis XVHL Et comment est-il tombé, Charles X? Vous croyez que c'est un coup de Foudre qui Ta jeté par terre? C'est mieux que cela, c'est le journal.

Le journal est le souverain maître de ce monde j c'est le despote inflexible des temps modernes; c'est la seule souveraineté inviolable; c'est mieux qu'un pouvoir de droit , c'est un pouvoir de fait : toutes les grandeurs

du monde viennentse briser conr tre cet^cueil. Le journal mesure à chacun sa popularité, sa gloire, son renom, sa valeur dans le monde. C'est lui qui fait les oraisons funèbres de toutes les puissances renversées. Il est immortel a présent; il a toute la patience de F immortalité ; il a lassé à Ini seul / toutes les grandeurs et toutes les ambitions de ce siècle; il a vaincu l'obstination de Charles X; il a vaincu la revéche résignation de madame la duchesse d'Angoulême ; il a fait plier la frivole et charmante pensée de madame la

duchesse de Benyj il a fatigue le6 plus infatigables jrenoiàmées , celle de Bonaparte lai -même.

Quels événement Bonaparte tombe sous la presse, il meurt * sons «lie ^ son fils ntourt après lui , n'ayant *qu£ ;la presse pour jeîev sur sa tombe quelques phrases d'oraison funèbre ;:et vous ne vou.

driee (pas qu'on eût quelque orgueil /à appartenir à ce corps , qui a' fait et défiait tant de pouvoirs!

il i&ut dire , pour être juste , qu'à iaaioune époque de la F#araoe 'moderne ^ la Hubanatore et îles arts m'ont été florissans oowme

ilsTétaietat'k l'époque où je £ïis «ne petite place danas ^è monde littéraire /Rossini &ait dans toute ïa glbïre. M. 'Gros , qui n'était *pa$ efncore baron, venait de faire 'lia 'coupole du Panthéon qui était redevenu l'église de Sainte-^Getaièvè. M. de Latoârtine publiait • ses nouvelles méditations, ce chefcd'œuvre digne de son premier dhefcd'ceuvre. M. de Château- 'briàtft préparait Ses œuvres comètes , le setfl à 'qai ce fût là iîtfë 1&îbîtes3é permise et 'aflmirée .

'Au théâtre, Vfciot Bug© atationçafft x M#riofvcle > hû^me > qttesoute-

nait le roi Charles X lui-même

contre la plus ignoble pétition cfui se soit jamais faite dans aucune littérature, depuis lacélèr bre pétition des garçons bouchers à là reine Elisabeth contre son poète Shakspeare.

Voilà qui allait bien. Dans le petit art, nou9 avions M. Scribe,

qui faisait nos délices avec une

aristocratie de son vernis et de son invention. Nous avions Boïel*dieu qui faisait la. Dame Blanche; nous avions. . . que sais- je encore?

M. Gérard , par exemple, et son portrait du roi, dans lequel il y

avait ce beau cheval. Tout cela était admiré très fort , tant nous étions oisifs et riches! Chaque année avait aussi sa célébrité qu'il % fallait foire ou défaire, chose facile au journal. Venaient eu même temps tes .expositions de T industrie, toutes remplies de lampes perfectionnées, délavons perfeo tionnés, de feux toupets perfectionnés, de pianos perfectionnés, et autres perfections qui nous faisaient passer, notre temps très agréablement. Venaient Sèvres, les Gobeljns , là société d'encouragement pour les Beau* -Arts ^ leë

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