TOME I
concerts des en fans {l'Apollon; toutes choses suivies de diners au Rocher de Canca le ou chez Véry.
Quelle belle foule! Voyea cette (kmei epii passe , une partition à la matin ; elle son dte Feydeau et
eRe va èhartter h ia ChapeHe du
rot; voye& cet homme qui emporte son violon en cabriolet , il ra accompagne? la duchesse de* BeFry ; voyez cet enfant jqul pasie entouré de gardes du corps,.
c'tat le duc de Bordeaux* Prêtez Kerallé, le vierfx pajais sfittu* ihiUftetoiita ooupi ç'«t fête aux Tqileritfs l' la fête des; pafrwp*
ces et {les nobles. ÏÏ& se reportent au mqyan £ge}, il se reportent d* toute* l^r^ farqçs 3 ce temps dfe p^^^e i*bsatefc ; ils, pe^nt tQtjtç |a i*uit V gotique féodalité deç *ieux temps!
tyiaia,, le matin même 4e ees iétefi, quftsd ces fôtes y ont fiai* bientôt, voyez^vcms ce pauvre bçraflfte qui jette obecurémerU ur )pi#ra#l fcbes h portier du. w» ? Portes les armes k ce pauvre bottine, sentinelles! frappez le parquet du talon de vos bottes, prde$ du corps! évanouis- toi > m0>y£ti$gfid'uue heure ! G$ pau-*
vre homme abattra les vieilles Tuileries ! ce pauvre homme , c'est le porteur d'un journal.
Et vous souvient-il , dans ce temps-là, comme on était occupé des moindres choses , comme tout était spectacle à cette époque, comme nous demandions tous des spectacles , égorgés que nous étions de l'autre nourriture à l'usage du peuple ! Vous auriez beau chercher dans vos souvenirs, vous ne trouveriez pas le plus petit fait passé sous silence à cette époque ^ p&s le plus petit héros passé inaperçu. Quels spec-
tacles ! Nous 4 avons été voir avec le même empressement le cadavre royal de Louis XVIII et Rita- Christina , sœurs jumelles , qui ont vécu une heure de la même vie et du même amour. L'obélisque de Luxor se croisait avec F enfant qui portait le nom de Napoléon écrit dans ses yeux. Vous souvient-il de cette joliepeti te fille qu'on appelait Léontine Fay ? Quels transports elle excitait ehez nous ! Aujourd'hui l'aimable enfaut est mariée., et sera bientôt mère. Cela noms vieillit singulier rement, nous autres, qui avons
assisté à ses débuts. Il n'y avait pas , dans ce temps - là > jtifcqu'fc la société Pbilotechnique qui ne fût quelque chese. Je. m# souviendrai toute ma vie de ceiteesti^ mâWe société. M. Cadet de Meta, ui* ami de ma prate , homme sa~ vaut et digne de toutes sortes de respects , était membre de cette digue société Phi krtec brique • chacun a sas faiblesses, et, à chaque -nouvelle séance publique, i) ne manquait jamais de m'y conduire pour éveiller en moi le sens poétique qui sommeillait A cm séauoeâi publiques, qui » fai-
saient dans une vaste salle de
l'Hôtel-de-ville, eu plein )0Étr, la société se mutait en f*a£$de lecture t elle mettais ara jour ses pli»
grands poètes. Le plus graad poète de ce temps-là de la société c'éaîl M. Vienaet. Il n'y ayait pas de séance où je me visse accourir M. Vienaet, un manuscrit à la main. Il arr irait tête levée.
Il se posait fièrement devant la balustrade, et Jà, le geste animéy le regard inspiré , il débitait fièrement des chants entiers d'un poème burlesque dont L'assemblée; était émerveillée. • Vous ne
sauriez croire ce que c'était que ce .poème : le style ^tait digne de la pensée et la -pensée digne du style; vous auriez pris cela, vu de loin à la clarté d'une chanr délie , pour une mauvaise ombre de la Pucelle de Voltaire. Il y a surtout un de ces chants dont je me souviendrai toute ma vie.
L'auteur y fait violer en plein jour la reine Blanche, la mère de Saint-Louis , par une troupe de muletiers et de soudards. La société Philotechnique, qui n'y entendait pas malice , applaudissait cela de toutes ses forces* Pour
moi, il me semblait que c'étaient là d'atroces extravagances ; mais voyant tout le monde admirer et applaudir , je me taisais modestement. Depuis ce temps, le fameux poème burlesque a été imprimé , et le public l'a jugé à l'impression comme je l'avais jugé à la lecture , ce qui n'a pas empêché M. Viennet de descendre où de s'élever encore d'un cran , de passer de la société Philotechnique à l'Académie française , préféré qu'il a été à Benjamin Constant , cet autre mort illustre que nous avons vu mourir , et que je