TOME II
Aprç&<qut)L, ai malgré les* . instances de notre bote* nous quittâmes le pays pour. n'y plus revenir, s'il plaît à Dieu.
En rassemblant en moi-même mes souvenirs de cette expédition, j'y ai retrouvé quelque peu de rancune, et je demanderai à ceux qui. *'y connaissent, s\ je dois en effet use grande reconnaissance à des gens qui, sous prétexte de me fêter, m'ont confisqué à teqr profit toute une soirée, ou dénaturé le .plaisir que. je me ipropoaaia, et l'ppt < remplacé par l'étalage d'une ^akilité jbâtardft» d'un «prit freiaté, çt 4'une b*>nqe grâce achetée avec le jçufn^l.dfts .tPÂUwnsii enfin/ une per* p4twçlle n c(HrtrefecK¥ir<le.> Paris? Cette aw«$$ftde.pv4tt&i)£ m'a découlé pour
long-temps de la manie des antiquités : depuis ce temps, on ne me parle jamais de ruines sans que je rêve de bals champêtres et de marchandes d'eau de Cologne. Quoi qu'il en soit, n'allez pas croire que j'ai manqué de faire, selon l'usage, toutes les offres de service possibles au receveur de l'enregistrement et des domaines de la ville de F***.
gftttô U$ ffctft* 3&Mt$tltr*<
Ce jour-ci fat pour moi un de ces jours qu'on doit marquer par une pierre blanche, époques trop rares dans une vie humaine, soit que le sort nous ait condamnés à vivre au milieu des tribulations et des traverses ,
soit que notre ame, insati?blede plai-
sirs extravagans, négligesouventceux qui sont à portée , pour courir après d'autres biens dont l'imagination a fait seule tous les frais.
Je m'étais endormi la veille au bruit d'à** ihttribteUtûpêteî? qia*l4 Je me réveillai, un premier rayon de printemps scintillait gracieusement dans ma chambre. Je m'amusai à voir par combien d'efforts il brisait les rideaux qui lui refusaient passage, souple comme un courtisan la veille d'une promotion. <G'était,i< en mérité, <ui) eharaftantispeetade.* D'abord Leaôleil nais* senteuiravivement; tautôtillse portail sur u quelque» (livras • épars , témoins chéris de mes travaux; tantôt, il se fnait sur celte > excellante copie , dé Delacroix . que j'ai, achetée comipe un
original , jusqu'à ce qu'enfin , comme par une réflexion soudaine , il allât se poser sur un bouquet- de violettes parfumées. Mon regard, mon ame, tout mon être le suivait : la journée pouvait finir, j'avais par de vant moi un sièele de bonheur 1
Cette disposition d'esprit est, à mon sens, oe qu'il y a de plus heureux sur la terre. le l'ai rencontrée bien rarement; die vent à celui qui la possède tant d'indépendance dans le caractère et tant d'insouciance dans la -vie, que, selon moi , c'est un grand commencement de sagesse si ce n'est pas la sagesseelle-même. Pour ma part, j'imiterais volontiers la retenue de ce jeune Grec qui aimait tant sa maltresse qu'il ne voulut pas la posséder, s'il y avait
de nos jours sécurité à tenter pareille épreuve. Quel dommage, je vous le demande, que les premières angoisses de l'amour ne durent pas plus long-temps! Qu'il est malheureux que ces timides étrèiqteset ce res :
pect avec lequel vous! serrez une main aimée disparaissent devant d'autres plaisirs ! Le but de l'amour a tué l'amour. Parlez-moi des héros dé chevalerie, des chevaliers de la Table- Ronde ! Voilà des hommes qui s'enteudaient. en amour ! Qui ne préférerait leurs coups de lance en faveur de leur dame , et l'écharpe qu'elle attachait à leurs chapeaux , à . toutes les descriptions voluptueuses qu>€)n rencontre datis Les romans de Oéfcrillon fils? Non plus que lord Bvron ie ne
peux pardonner à Cervantes d'avoir fait un livre plein d'esprit pour détruire dans sa fleur cet épanchement d'un noble cœur, et le rendre ridicule aux yeux même des femmes, dont il était la sauvegarde.
Vous ne sauriez croire combien je suis heureux quand je vois une toute jeune fille, frais et riant bouton de rose qui s'épanouit au souffle de ses quinze printemps! tant de bonheur répose sur cette tête riante que j'en fais un instaut mon propre bonheur.
Je frissonne de plaisir si, dans sa course , elle me touché de son voile ; si, par hasard, elle me regarde, je rougis comme si je faisais une mauvaise action ; et pourtant, Dieu.le tait, mon regarda suivi la charmante en*
£ant avec le même intérêt que j'ai pris souvent aux premières leçons que Toi* Seau donne à sa famille. D'abord, son vol est faible et timide; bientôt , plus audacieuse, la jeune couvée va quitter le nid maternel , et • toute la famille , avec des chan ts joyeux , se perdra dans le» airs.
De cette manière , toutes les femmes sont à moi. Elles sont à moi sans crime, sans remords, comme le parfum d'une fleur; vous avez beau l'entourer de barricades, comme au jardin des Tuileries, vous ne pouvez m'empêcher de la voir et de la sentir. Regardez-moi :
avec cet extérieur négligé , je suis plus heureux en femmes que Faubtas et Lovelace, plus htUreux que don Juan ; et je n'ai porté le désespoir
cfooft aucune famille , le déshonneur dans aucun ménage. Moi-même, je suis à l'abri de tom les chagrins de l'amour, 4e la jalousie atiFtent* vçr rongeur Çui épuise l'âme autant que le- je fl, la, phi s ignoble de toutes les passions* Qutfde 6H$rae4ui^jearrêté devant la chambre d'une jeu*>e mariée, à L'heure de, minuit! Je vpyois. laiKxtjgîe scintillante , . j'entendais, le» demiens sons des instrl)men$ , je me figurais la jeune éppuse^ehçuteu&e de se voir dans la-chambre d'un homnaq , et versant une. larme virginale dans le sein de sa mère.... Jeune ^poux , j'étais heureux avant toi et plus que toi !
Qui pourrait définir ia gloire ? . qui pourrait me dire au juste ce qu'il y a de plus dans le monde: pour les. puis-
sans et les riches ? En vérité, je ne le vois pas, si ce n'est qu'ils sont tous inquiets , colères, méchans , envieux , et qu'avec la théorie des petits bonheurs on sera toujours gaj, content de soi et des autres, et l'ennemi seulement des bavards et des sots.
Vous avez lu sèuvetlt la magnifique introduction d'uta livre de Lucrèce.
Un homme, au sommet -d'une montagne, voit de loin l'orage sous ses pieds et les vaisseaux battus des vents.
Telle est l'image de celui qui sait être heureux. Jfe vous en conjure, ne le confondez pas avec le faiseur de châteaux en Espagne : autant vaudrait confondre les stoïciens avec les disciples d'Éptcure. Pourfaire des châteaux en Espagne, il faut être sous le joug
de l'ambition (et Dieu sait de quelle ambition , puisque La Fontaine luimême allait détrôner le Sophi ! ). Au contraire, pour être heureux d'un petit bonheur , il faut n'avoir rien ni à désirer ni & craindre ; il faut vivoter plutôt que vivre; il faut, comme Madeleine , avoir beaucoup d'amour.
Le chef de cette école de philosophes est , à mon avis , Sterne. Je donnerais dit ails de ma' vie pour avoir trouvé l'histoire de l'âne, et, mieux encore, fhistofre de cette jeune soubrette lorsqu'elle ' hii rattache un bouton â son habit. Toute la théorie des petits bonheurs est là , ne là cherchez pas autre part. .'./*'.
Voulez-vous savoir si vous êtes propre k devenir heureux k si bon mar-
ché? attende* çpçpre quelques jpvr^ et, lorsque; le premier soleil de mai nous aura rcn^uk g?pon deachapip* et to$ t'çuil^ des <a? ]?rça 9 allez.au bord dç qqelquejuissçaQ percher le Tf po& et lefraitv bài, si yausArouve? quelque volupté dans le fruit des arbres * dans le, murmure . d{* e*u#* d*m& ,fe cown rapid&fit j^ryeUlieux de» jaiutgf*, tau-?
tôt^wbre^çoi»p[^un4f rqw^^e de
mélodrame» tantôt, frifcw oomuifi uo^,r4<Jt)e l d*.gaw^»' Ja.çhèwe w io^npt^lpw ., ,Fapweau, bêkwttf h .grfls$ft >gAriftMi eftfcmtfe 4*W i te
pagftc-ft* te;prifll£WP*,a.|>qw W&* ame un langage, si tous ne penser
al^aiii^voftaffaÂrçStni^ yt^ plajairs,
ni à rien de ce qu'il y a dans le monde , si votre être est là tout entier, tout enivré de son existence , alors , mon frère, je vous félicite du fond de lame ; vous êtes bien près d'être heureux d'un petit bonheur !
îMtrôtt t%M™U frayfttatf*
Il y eut une journée fort remarquable et qui n'a pas été assez remarquée dans le règne de Louis XV , c'est que M. le marquis d'Argenson et madame de Pompadour , deux puissans ministres , se trouvèrent tous les deux, et à la même heure, attaqués d'une ophtalmie violente , après laquelle madame