IV PREFACE
gratter le psaltérion, racler la rote et le rebec, faire mugir et pleurer la viole de gambe, ronronner les timbales, frémir les cymbales, siffler le fifre et sangloter la flûte traversière, glousser la clarinette, nasiller le hautbois et le basson grogner, et finalement se lutiner en diverses manières, c'est-àdire baudouiner, couvrir, souiller {alias verricher) fortboucsier , vétiller, s'empreindre les uns les autres ou béliner (c'est la même chose), ruter, frayer, se grimper dessus, cocher et même bougironner (les drôles I), margauder, saillir, et ceetera, et caetera, et caetera, et tant de verbes neutres qu'on voudra : tout cela comme au siècle de Rabelais, fallût-il mêmC; pour atteindre une fin aussi désirable, griller la plante des pieds à quelques ministres protestants et joyeusement fricasser tout ce qui peut nous rester du centre gauche. Amen*
Maurice Bouchob. .
P, S. — Voilà qu'au dernier moment j'ai, pour certaines raisons de santé, enlevé de ce recueil l'histoire la plus appétissante qui s'y trouvât, celle, à vrai dire, qui a donné lieu à cette explicite préface. Le lecteur, privé d'un si friand morceau, se
PRltFACE.
consolera aisément s'il veut suivre un conseil tout paternel : qu'il prenne le train du soir, par exemple, ou -celui du matin, ou un autre, et qu'il aille, soit à Wien, soit à Munchen, soit à Kôln, entendre . V Anneau du Niebelung de Richard Wagner; ou bien encore, qu'il se joue, à l'orgue, tous les préludes et toutes les fugues de Bach (J. S.) avec pédale obligée. Et certes, mieux vaudrait qu'il s'attelât résolument à la musique de ces deux maîtres immortels, dont l'un est inconnu en France, l'autre ridiculement attaqué et bafoué ; au lieu de gaspiller son argent, de galvauder son temps, de s'user les yeux et de s'irriter la pie-mère à lire le présent volume et autres inepties de même gabarit.
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