DE GROS PIERRE
« Ah ! si j'avais un écu ! )>
Disait un jonr le gros Pierre
A son oompère Ledru,
(( Va, tu ne te doutes guère
<( De l'emploi que j'en ferais !
(( Avec cet écu, j'aurais
(( Un joli coq pour ma poule ;
« Ce coq vous la coquerait,
(( Alors ma poule pondrait :
« Or, d'un aussi joli moule,
(( Les poulets seraient vendus
(( La douzaine trois écus.
« Avec l'argent de la vente
(( Je pourrais avoir du gi'ain ;
(( Avec le grain, je me vante
(( De trouver un bon terrain.
{( Je sais cultiver la terre,
« Je suis actif, vigilant,
« Et, quand un propriétaire.
(( Me connaîtrait ce talent,
« On m'offrirait une ferme ;
« Je la prendrais pour trois ans.
« Par des profits innocents,
« Gageons, au bout de ce terme,
Le raisonQement du Gruà-Pierre. i^P. 15.)
<( Que je me trouve de quoi
(c Avoir une ferme à moi.
{( Ali ! c'est alors, mon compère,
« Que j'arrondirais mon bien!
<( Je connais plus d'un moyen
(( Pour faire rendre une terre
(( Quatre fois plus qu'on ne croit.
(( Dame ! ensuite on peut s'étendre ;
(( Pour acheter et revendre
(( Je ne suis pas maladroit ;
(( Enfin, par mon industrie,
(( Je deviendrai, je parie,
« Le plus riche de l'endroit.
« — Pardieu, mon pauvre ami Pierre, « S'il ne te faut qu'un écu <( Pour être propriétaire, « Tiens, le voilà, dit Ledru ; {( Cultive, sème, défriche,