Lebchâh
L’histoire de la reine est tirée du roman de Hateni- Taï , pp. 6-17. La charité qu’elle fait faire dans quarante maisons contiguës est imitée d’un conte bien connu en Orient. Voici en effet ce qu’on trouve dans les Mélanges de littérature orientale de Camionne : « Hatem-Taï étant mort, son frère prétendit le remplacer. Cherbéka sa mère lui répétait sans cesse qu’il n’égalerait jamais celui dont la réputation était si méritée. Gomme il voulait, à l’exemple d’Hatem, accueillir tous ceux qui avaient coutume d’aborder chez son frère, il fit dresser une vaste tente, dans laquelle ce chef des Arabes recevait de son vivant la foule des demandeurs Cette tente avait soixante-dix portes. Cherbéka s’étant déguisée en pauvre femme, entra dans latente, le visage couvert d’un voile épais ; son fils qui ne la reconnut point, lui donna l’aumène : la même femme voilée rentra par une autre porte, et reparut à ses yeux. Le nouveau bienfaiteur, revoyant la même personne qui venait de recevoir de sa main, la rebuta en lui reprochant son importunité. Alors Cherbéka ôtant son voile : « M’étais-je trompée, mon fils, lui dit-elle, en vous assurant que jamais vous n’égaleriez Hatein ? Un jour pour éprouver votre frère, je me déguisai ainsi, et j’entrai snccessi veinent par les soixante-dix portes de cette même tente, et soixante-dix fois je reçus des
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bienfaits de sa part ». (T. I, pp. 175 et suiv. — The aduentures of Hatem-Taï, p. 4- — Zeitschrift fiir celtische Philol. , t. IV, p. 129).
La reine consent à épouser Lebcliâh s’il découvre la cause de la tristesse du roi de Chine. Dans le recueil turc xoroskardasch traduit par M. Jacob, on met ainsi à l’épreuve un jouvenceau pour savoir s’il doit être accepté comme mari. ( Tiirkische Bibliothek, t. V, pp. 69 et suiv.) Voir aussi Charpentier, Paccekabuddhageschichten , p. 104. (Uppsala U niversitetets ârsskrift, 1908).
Un prince s’éprend d’une péri dont il voit l’image dans l’eau. Ce trait poétique se retrouve, p. ex., dans les contes turcs traduits par Kunos ( Zeits . d. Vereins f. Volkskunde , 1906, p. 240). On pensera, à ce propos, au lai de l’ombre et 011 se rappellera que Ballanche a introduit ce motif dans son fragment sur Hermann et Dorothée ( Revue d'hist. littér. de la France, octobredécembre igo5, pp. 648-649).
La condition du mariage du prince avec la péri, c’est qu’il ne s’étonnera de rien et ne fera jamais de question. ( Bibl . arabe, t. V, pp. 25i et 296 ; Zeit. d. Ver.f. Volksk., p. 243, n°5o). Or sa femme livre l’un des enfants nés du mariage à un lion ; un autre, à un crocodile, et lance le troisième dans un four ; mais, en réalité, ces enfants sont ainsi remis à des esprits qui font leur éducation. L’épisode se retrouve aun°9et dans un conte des Mille et un jours, qui ressemble nu nôtre. (Bibl. arabe, t. VI, p. 180, n° 343).
Pour le conte de Bakhtiyar, l’auteur s’est probablement inspiré du Djamasp des Mille et une nuits. (Bibl. arabe, t. V, p. 255, n°i52). Le livre magique, où tout l’avenir est prédit en détail, est bien connu. (Bibl,
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arabe, t. V, p. 295). On rencontre souvent aussi l’épisode du ministre prudent que le roi ordonne de mettre à mort, mais que le bourreau épargne en secret ; à la grande joie du roi le jour où il se trouve dans quelque sérieux embarras. (Mohl, Livre des Rois, t. VI, pp. 366-377- — Bibl. arabe, t. II, p. 217; t. VI, pp. 38 et 201 ; t. VIII, p. i33). L’épisode où Baklitiyâr se sert du vizir comme monture, est le développement d’un trait d’un conte de Caylus (Bibl. arabe, t. VI, p. 107). Quand il refuse d’en fourcher un mulet, sons prétexte que c’est le diable, il faut voir là un écho du préjugé que les Orientaux ont contre le mulet, mais qui no les empêche pas de s’en servir, à l'exemple de Salomon et de Mahomet. La raison de cette aversion doit être le croisement ; d’après Damîri, toutefois, on méprise le mulet, parce que le croisement a d’abord été pratiqué par Qâroûne (Coré), ou parce que les mulets ont mis beaucoup d’empressement à apporter du bois pour le bûcher destiné à brûler Abraham. (Bochart, Hierozoïcon, 1. 1, pp. 238 et 234 ; Journal asiatique, 1877, t. II, p. 209).
Le personnage du cheikh hypocrite semble emprunté au conte de Caylus intitulé Jahia et Maimouné. (Bibl. arabe, t. VI, p. 81, n° 229).
Notons encore quelques traits. Un roi en colère jette sa couronne. (Mohl, Livre des Rois, t. II, p. 402 et t. IV, p. 17. Bibl. arabe, t. V, pp. 22, 25, 29 et 3i). — Les femmes mêmes vont à la rencontre de gens que l’on reçoit (Bibl. arabe, t. V, p. 78). — Les animaux ont un langage (Bibl. arabe, t. VIII, pp. 49-5o). — On rase une maison comme châtiment (cfr. n° 9 et Bibl. arabe, t. VII, p. 74). — Pour attirer l’attention de quelqu’un,
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on se montre sans cesse à lui, soit à son audience (p.84 ci-dessous) soit en se mettant sur son passage (p. 90) ; mais il y a d’autres moyens encore. ( Bibl . arabe. t. VII, p. 162). — Si le voisinage de gens heureux porte bonheur (pp. 128 et i3o ci-dessous), celle des malchanceux est fatale (voir n° 7 et Bibl. arabe, t. V, p. 5i). — Un objet peut devenir une personne (Voir Bibl. arabe, t. Y, p. 139).