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rice survint et dit : « O Chah Behràme, reçois la bonne nouvelle que notre roi vient te rendre visite. * Behràme bondit de sa place pour aller au devant du roi des péris, qui, à la vue de la beauté de Behràme, pareil au soleil resplendissant, se dit en lui-même : « Louange à Dieu ! Quelle grâce et quelle beauté ! On ne m’avait pas trompé. » Il serra contre sa poitrine le jeune monarque, puis le prit par la main et le fit asseoir sur le trône.
Ensuite, ce fut au tour de la mère de Bànoû Housn devenir pompeusement parée escortée de quatre mille péris. Behràme s'empressa d’aller à sa rencontre et on apporta un nouveau trône richement incrusté. Elle y prit place, éparpilla des bijoux en signe de joie, et combla d’égards Behràme, qu'on revêtit, de pied en cap, d’une armure incrustée. Après quoi, le roi des péris fit battre le tambour en signe d’allégresse. Bànoû Housn reçut de son côté une superbe toilette et s’en fut baiser les mains et les pieds de son père, qui la combla de caresses.
Enfin, le roi des péris manda les vizirs et les grands de l’état pour une audience solennelle. On dressa une rangée de trônes magnifiques. Le roi installa Behràme sur l'un deux et enjoignit à tous les grands de l’état de se prosterner devant le Chàh. Leroi et la reine s’assirent également sur leurs trônes, éparpillèrent à foison des joyaux sur la tète du chàh leur gendre, on pavoisa la ville et on organisa un banquet.
Les échansons aux jambes d’argent circulèrent de toutes parts, versant le vin pur, les musiciens firent résonner leurs instruments et les périsse mirent à danser, et quand la fête fut bien en train, c’était un spectacle tel qu’oncques n’en vit l'œil le plus perçant.
Enfin, on profita d’un moment favorable pour marier Bànoû Housn à Chàh Behràme, on arrangea la chambre nuptiale et on y conduisit l’épousée. On la confia à Behràme qui fol. 101 A
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apaisa, cette nuit là, le désir de son cœur. Quand le jour parut, il alla au hammàm se laver la tète et le corps, se revêtit d’hàbits d’une magnificence royale et se rendit au divan du roi des péris. Il s’inclina devant son beau père, prit place sur le trône qui lui était réservé, et on organisa une réunion. En peu de temps, la nouvelle de ce mariage se répandit dans toutes les régions de l’empire des péris.
Or, on raconte qu’il y avait un dtv du nom de Zelzèlè Div ,0. Ce scélérat avait son séjour au bord de la mer de Ooulzoum et avait sous ses ordres quatre mille divs anthropophages. Quand il apprit qu’on avait accordé à un homme la main de Bânoù Housn, il exhala un gémissement et dit : € Moi, je l’ai demandée et on ne me l’a pas donnée. On me l’a donc refusée pour la donner à un homme !» Il prit avec lui ses dîvs et se dirigea vers la Ville Verte. Quand la nouvelle de cette invasion parvint au roi des Péris, il en fut tout bouleversé, car Zelzèlè Div était beaucoup plus puissant que lui. Or donc, l’ennemi vint camper près de la Ville Verte. Voyant son beau-père tout accablé, Behràme lui en demanda la cause. Il n’en reçut pas de réponse et alla dans sa chambre trouver Bànoù Housn, qui le renseigna. Behràme l’envoya rassurer son père, en invoquant la grandeur et la générosité divines.
Le lendemain, Chah Behràme monta à cheval, se rendit dans la campagne et y alluma un feu où il jeta des cheveux du Dîv Blanc, de Gandàl, de Gandàk et de Sourkhàb, eu adressant des prières à l’àme du bienheureux Salomon. A l’instant même, apparurent dans les airs quatre taches, pareilles à des nuages noirs comme la boucle des fiancées, tout bouillonnants et rugissants ; Behràme alla au devant d’eux. Dèsqu’ilseurent mis pied à terre, tous les quatre embrassèrent affectueusement Behràme, qui leur raconta ce qui se passait. Les quatre dîvs se mirent à rire et dirent : « Mais quelle
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puissance Zelzèlè a-t-il pour agir ainsi ? Certes, il ne connaît pas nos relations avec toi, sans quoi il ne s'engagerait pas dans cette entreprise. » Aussitôt ils ordonnèrent aux 'ifrîtes de dresser tentes et pavillons.
Le père de Bànoù Housn en fut informé et, suivi d’une grande armée, il vint à la rencontre des dîvs secourables.
L’ensemble des troupes s’étendait bien sur une longueur de deux parasanges.
Le lendemain, le dîv Zelzèlè arriva avec quatre cent mille dîvs, dont la multitude recouvrit la surface de la terre et dont les clameurs remplirent l’espace. Zelzèlè lui-même descendit, mais quand il entendit dire que le Dîv Blanc était venu avec ses frères à la rescousse de Behràme, il en fut navré et envoya vers eux un dîv pour leur dire : « Je suis en guerre avec un homme, pourquoi secourez-vous cet être perfide ? N'appartenons-nous pas à la même race, vous et moi ?» Le Dîv Blanc répondit : « Va dire à ce misérable que l’homme en question, nous l’avons adopté comme frère. Nous pensons bien ne pas nous en aller d’ici avant d’avoir mis à mort le scélérat qui t’envoie. »
Ce message fit regretter à Zelzèlè d’être venu ; mais il était trop tard pour reculer. Le lendemain, les deux armées en vinrent aux mains. Zelzèlè ne put supporter l’effort de l'ennemi, et ses gens cherchèrent le salut dans la fuite. Un grand nombre furent tués ou faits prisonniers. Or Bànoù Housn, à la tète d’environ dix mille péris, avait fermé la retraite à Zelzèlè du côté du ciel. Elle vit ce misérable, s'élevant dans les airs, passer tout seul devant elle. A cet aspect, elle cria à ses fidèles : « Suivez-moi, et, par la grâce foi. mi B
de Dieu, je vais le ligotter et l’emmener à la salle du divan de mon père. * Elle dit et s’élança à la poursuite de Zelzèlè en clamant contre lui: « O scélérat, c’est toi qui voulais m’avoir pour femme ! Mais alors, pourquoi don me fuis-tu ?» A la
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vue de Bànoù Housn, Zelzèlè de sou côté lui cria : « O ma bien-aimée, quel heureux hasard t’a fait tomber en mon pouvoir ! * Ce disant, il étendit le bras pour la saisir par le collet ; mais elle devança son geste, tira son glaive du fourreau et le frappa au bras, si bien qu’elle le mit hors de combat. Le dîv rugit de douleur et voulut s’échapper, mais les péris se saisirent de sa personne et lui lièrent les mains.
Le conteur ajoute que Behràme et ses alliés les divs remportèrent la victoire, pénétrèrent dans la Ville Verte et s’en furent prendre place sur des trônes dans la grande salle du palais. Tous les grands de l’état appelèrent sur les bons divs les bénédictions du ciel. Cependant le roi des péris était contristé à l’idée que le misérable Zelzèlè s’était enfui. Sur ces entrefaites, les bourreaux au service de Bânoû Housn arrivèrent amenant avec eux Zelzèlè étroitement ligotté, et baisèrent respectueusement la terre. Le roi des péris, Behrâme et les divs ses alliés furent enchantés de la prise de Zelzèlè et demandèrent comment cela s’était fait. On raconta la prouesse de Bànoû Housn et tout le monde la félicita ; puis on fêta le succès de la journée et l’on fit mourir de male mort le div Zelzèlè.
Le lendemain, les divs prirent congé du roi des péris et chacun s’en fut chez soi. Chàh Behràme resta encore quelques jours, puis demanda à son tour la permission de s’en retourner. Le roi des péris veilla aux préparatifs de son départ et le fit escorter de plusieurs milliers de péris. Bref, Chah Behrâme dit adieu à tousses hôtes, tant qu’ils étaient, et reprit le chemin de sa capitale, où il s’assit sur son trône ; et une fois tous les six mois, il allait rendre visite à Bànoù Housn, puis s’en revenait.
J’implore une prière de quiconque lira ce conte, car je ne suis qu’un pauvre pécheur.
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« Ô Seigneur, sois moi secourable, à moi qui suis sans soutien. Ta grâce et ta faveur ine suffisent, à moi, pauvre abandonné.
Chacun a un protecteur à qui s'adresser, mais moi, dans ma misère je n'ai de recours qu'auprès de toi. »
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