LES CONSEILS
(Zouaoua).
O ma tête qui ne raisonne pas
Laisse l'ami inutile
Il ne fera pas finir le monde pour toi.
Dans l'autre, il n'intercédera pas pour toi ;
L'un est comme un trépied
La parole qui l'élève est mauvaise
L'autre, quand il voyage, va avec lui
Il coupera pour toi, comme des chardons,
Les ennuis, il te sauvera.
Le voisin qui. t'attaque est mauvais
Evite-le, pars, déménage,
Il ressemble à celui qui habite Akfad'ou
Où il n'y a que lions et coupeurs de routes.
VERS EN DIALECTE CHELH'a t2 '
Les lettres envient ton visage Les sept formes d'écriture sont agitées Eût on cinq mille intelligences, On deviendrait fou (à ta vue) comme si Ton
[voyait Azraïl de ses yeux.
O Seigneur Moh'ammed, dis seulement : Vos En eux je resterai, je n'en sortirai pas. [cœurs,
ENJGMES
iZouaaual .
i Cinq l'olba dans un seul manteau.
(Les cinq doigts de pied).
2 La boîte de la création qui s'achève à )'i (La noiï). ftérit
3 Deux faucons sur une .muraille ; leur (Le soleil et la lune). [est dans la"n
4 Mon oncle S'aïd est courbé quand il m Ses mains derrière son dos, [che bi Ses oncles déchirent les brebis
(La charrue).
5 Elle se tient sur le foyer et mange ses < (La lampe). [«-ailles
6 II a la forme d'un caillou et une long (L'oignon). [cheveli
7 Le trône à sept trous (La tèie).
8 J'ai vu une merveille
12Ô CONTES POPULAIRES BEREîÈKES
L'argent montant sur l'or (Le blanc d'oeuf) l2i .
9 En marchant elle étend du linge ,a:> (La rivière).
10 Des négresses dans des blanches (Les pupilles des yeux).
1 1 La mosquée qui n'a pas de portes (L'œur).
12 Ma natte est en cuivre Elle ne se rompt ni se salit (Le ciel).
Par la lai
.iguc, nous nous améli
Dans le c
'Ceur, rien île bon.
Sa langu
e est douce
Son cœu
r amer
Sa langu
e est polie
Son cœu
r est rouge.
en zouaoua fait partie d'un recueil de la Biblothèque nationale (fonds berbère, n° i); la troisième est traduite dans ce recueil (n° 2). Le sujet est aussi raconté en arabe chez les Hadjoutes, mais avec plus de développements. Tiré d'affaire, le hérisson conseille à son compagnon de faire le mort et d'attendre que le propriétaire trompé le jette hors du silo. Cette dernière version a été traduite et amplifiée par le colonel Trumelet (Les Saints de l'islam, ch. vu. Le Chacal et le Hérisson ; Blida, récits selon la légende, la tradition et V histoire. Alger, 1887, 2 v. in-8° t t. I, ch. oj./fe.jflf La même histoire se retrouve avec des variantes chez les Slaves du Sud : Le renard a soixante-dix ruses et le hérisson trois, grâce auxquelles ils échappent de la fosse aux loups où ils sont tombés tous deux (Krauss, Sagen undmœrchen der Sùd-$laven, t. I, fabl. xm). H est curieux de rencontrer ici les données de deux fables de la Fontaine réunies en une seule : le Chat et le Renard (fables xr, 5) où les deux ani- . maux disputent sur le nombre et la valeur de leurs ruses; le fabuliste français a emprunté ce sujet aux Apologues de Regnerius (pars I, fab. xxvm, Catus agrestis et Vulyes); il a été traité depuis par Desbillons (Fabulae aesopiae, v. 3y, Vulpis et Ericius). Une des plus anciennes rédactions que je connaisse existe en espagnol (La Raposa e el Gato) et fait partie d'un recueil manuscrit intitulé : Expejo de legos } qui date probablement de la seconde moitié du xiv* siècle, comme le livre des Exemples. Le renard a vingt ruses et le chat une seule, qui est de monter à
l'arbre (Cf. P. de Gayangos, Escritovcs espanoles anteriores al siglo xv, p. 443). La môme donnée existe dans les fables de Jean de Scheppei n° lviu, Vulpes et Catus (ap. Hervieux Les fabulistes latins, t. 11, p. 777); dans le recueil d'Odon de Sherington (Hervieux, Les fabulistes latins, t. II, p. 622, n° 76, De Vulpe qui (quce) dicitur Reynar dus obviante Teberto murelego) où Reynard s'attribue dix huit ruses. Elle se trouve aussi dans la collection publiée par Th. Wright, Latin S tories from mss. of the thirteenth and fourteent/i centuries p. bj : Le renard a dixsept ruses, le chat une seule. Un conte allemand (Grimm, Kinder-und Hausmœrchen, n* 75) nous représente également le chat et le renard contestant leurs moyens d'action : le premier n'en possède qu'un et le second, cent. Dans le ms. n° 536 de la Bibliothèque de Bruxelles, renfermant le Romulus de Marie de France (fab. 1 2q, De Cattto et Vulpe) le renard se vante de posséder quatre-vingts ruses et un sac plein : le chat n'a qu'une seule ressource (Hervieux, Les fabulistes latins, t. II, p. 378). Le Romulus de Munich attribue au renard cent ruses (Hervieux, Fabulistes latins, t. II, p. 72g, fab. n° 3i, De Volpe et de Cato). L'origine orientale de cette donnée nous est fournie par un récit téleute (Sibérie méridionale) : Le renardeau et la grue, poursuivis par des chasseurs, essaient, le premier ses douze ruses, la seconde Tunique qu'elle possède pour se sauver ; elle fait la morte et est rejetée hors du terrier, tandis que son compagnon est tué (Radloff, Proben der t?*> J >^. .,« Volksliteratur der tùrkischen Stœmme Sûd-Sibi-
riens t. \, p. 219). Nous retrouvons également dans le conte berbère la donnée de la fable de La Fontaine : Le Renard et le Bouc [Fables, m, 5), empruntée par lui à Phèdre (iv, 5, Vulpes et hircus) et aux fables ésopiques. (Le. Renard et le Bouc, Fabulae aesopiae, éd. H al m, n° 45, p. 22). et imitée par Desbillons {Fabulae aesopiae m, 10, Vulpis et Caper). La Fontaine s'est sans doute servi de l'édition de Rinuccio d'Arezzo (Aesopi Phrygis et aliorum fabulae n° 5, De vulpe et trago) : c'est également la source de l'anonyme turk {Decourdemanche, Fables turques, n° 2, le Renard et le Bouc). Cf. une variante donnée par Grimm : Kinder-und Ilausmcerchen n° 78 : le Renard et le Loup.