LE CHACAL
(i3) Recueilli à Mélika (Mzab) en i885. Le texte mzabi que m'a dicté Miloud est inédit.
(14) D'après les traditions populaires, le chacal (et le renard) a coutume de faire le mort: soit , v^Jc' pour surprendre le gibier; cf. El Abchihi, le Mostat'ref, t. II, p. 127 : « Entre autres ruses, pour se procurer de la nourriture, il fait le mort, gonfle son ventre, lève les pattes, de sorte qu'on le croit crevé. Quand un animal s'approche, il se jette sur lui et en fait sa proie, mais cette ruse ne réussit pas avec le chien de chasse. » Le texte arabe du MostaCref a été reproduit dans la chrestomathie arabe de Beyrouth ( Afedjdni el a*dçb. t. 1, p. 177); cf. aussi Qazouini f'Adjdib el Makhlouqdt, p. 3g 1); Paulin Paris, Les aventures de maître Renart, ch. xxm, Comment Renaît eut un songe effrayant, et comment il déçut la Corneille {en faisant le mort); Odon de Sherington, f. 77 : De Vulpa fingente se mortuum (Hervieux, Fabulistes latins, t. II, p. 62g.) La source de cette tradition est probablement le Physiologus; elle existe dans le texte grec publié par D. Pitra Spicilegium Solesmense, t. III); dans la version éthiopienne (Hommel, Die œthiopische Uebersetfttng des Physiologus, ch. xv) ; dans un re-
maniement grec en vers politiques, datant du xil» siècle (E. Legrand, Le Physiologus, poème sur la nature des animaux, ch. xxiv, p. 72). Elle a également passé en Espagne, dans l'ouvrage intitulé Libro de los Gatos (Livre des Chats; P. de Gayangos, Escritores en prosa anteriores al siglo xv, p. 538). Cf. Camerarius, fable 411 ; Desbilions, Fabulae aesopiae, 1. V, fable 17, Vulpis et Cervus; une version ^le cette fable, en dialecte arabe d'Algérie, a été publiée par M. Macliuel dans sa Méthode de T arabe parlé, p. 227 ; j'en ai donné une recension en dialecte berbère de Figuig dans mon Recueil de textes et de documents relatifs à la philologie berbère, Bulletin de correspondance africaine, i885. p. 422-423). — Dans d'autres récits, le renard fait le mort pour sauver sa vie, mais il est bien vite obligé de renoncer à cette ruse : ainsi dans quelques recensions du livre de Sendabad ou des Sept Vizirs ; en arabe : le Renard et la foule {Mille et une Nuits, éd. de Habicht et de Fleischer, t. XII, p. 35 1); dans la version hébraïque du Michlé Sendabar (Carmoly, Paraboles de Senda-bav, p. 147) et dans la traduction grecque du Syntipas (Eberhardt, Fabulae romanenses graecè conscriptae, p. j 14-1 1 5) : ce conte a passé en espagnol dans le Livre de Patronio> par D. Juan Manuel (P. de Gayangos, Autores espaholes anteriores al siglo xv. De lo que contecio a un raposo que se écho en la calle e sefi^o muerto, p. 400; De Puibusquc, Le comte Lucanor, Ex. xxix), dans le poème de Ruiz de Hita (Sanchez, Collection de poesias çastellanas anteriores al siglo xv, stro-
phes i386-t3gâ)et dans l«s contes chinois en pruniés a l'Inde (Stan. Julien, Contes et apologue indiens, t. I, n° xxiii, le Chacal prudent i.