‹ Contes populaires berbèresChapitre 39 sur 104 · RENCONTRES SINGULIERES · texte numérisé non relu

RENCONTRES SINGULIERES

(Zouaoua).

Jadis un homme e'tait en route : il rencontra une jument qui paissait dans les prés : elle était maigre, décharnée et n’avait que la peau et les os. Il marcha jusqu’à un endroit où il trouva une jument grasse, quoiqu’elle ne mangeât pas. Il alla plus loin et rencontra un mouton qui donnait des coups contre un rocher jusqu’au soir pour y passer la nuit. En avançant, il rencontra un serpent qui se balançait dans un trou où il ne pouvait se retirer. Plus loin, il vit un homme qui jouait avec une boule: ses enfants étaient des vieillards. Il arriva près d’un vieillard qui lui dit : « Je vais t’expliquer tout ceci : la jument maigre que tu as vue représente l’homme riche dont les frères ne possèdent rien; la jument grasse représente l’homme

pauvre dont les frères sont riches. Le serpent qui se balançait sans pouvoir entrer ni sortir est l’image de la parole, qui, une fois prononcée et entendue, ne peut plus revenir en arrière. Le mouton qui donne des coups contre le rocher pour y passer la nuit, désigne l’homme qui a une mauvaise maison.

Celui dont tu as vu les enfants vieillis, tandis qu’il jouait aux boules, que représente-t-il ? Cet homme a pris une belle femme et ne vieillit pas : ses enfants en ont pris de mauvaises.

LE SOT ET LA CORDE W ( Clielha du Sous).

Un imbécile nommé Salah ne venait jamais à la mosquée que lorsque la prière était terminée. Un jour qu’il priait, il vit une corde suspendue à la voûte ; elle se balançait et lui heurta le visage. Il se dit en luimême : Il faut couper cette corde : il la saisit, monta jusqu’en haut, et une fois arrivé, tira un couteau de sa poche et coupa la corde. Il tomba avec elle, mais il y avait des tapis étendus sur le sol; il tomba sur l’un d’eux et Dieu le sauva.

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