‹ Contes populaires berbèresChapitre 46 sur 104 · I ES VOLEURS · texte numérisé non relu

I ES VOLEURS

(Zouaoua).

LA PÊCHE SURPRENANTE 109 (Chelha du Sous.)

Chez les Idaouisaren ‘,0, il existe un endroit appelé Tafedna et où l’on pêche beaucoup de poissons. Un jour des barques y prirent avec leurs filets 290,000 tasergalts (sorte de poisson) et revinrent. Une autre fois elles y retournèrent, mais un poisson appelé el qars sortit contre elles, frappa un marin et lui coupa la moitié du pied.

REDDOU 1,2

(Zouaoua).

Deux hommes, dont l’un se nommait Beddou et l’autre Amkammel, allaient au marché emportant un panier de figues. Ils rencontrèrent un homme qui labourait et lui dirent : « Le Seigneur te soit en aide. » — « Amen », répondit-il. L’un d’eux voulut aller se laver : il n’y avait pas d’eau. Le laboureur demanda à celui qui était avec lui : « Comment t’apelles-tu?» — « Beddou. » — « Par Dieu, Beddou, garde mes bœufs pour que j'aille boire. » — « Va. » Quand il fut parti, il lui enleva un des bœufs. A son retour, le laboureur vit qu’il lui en manquait un. Il alla vers l’autre voyageur et lui demanda : « Par mon père, quel est ton nom ?» — « Amkammel ouennidhni (complète l’autre) » — « Par Dieu, Amkammel ouennidhni, garde-moi ce bœuf

BEDDOU

pendant que j’irai chercher celui qui est parti. » — « Va. » Il lui enleva l’autre. Quand le laboureur revint, il ne trouva même plus le second.

Les deux filous s’en allèrent, emmenant les bœufs : ils les égorgèrent pour les faire rôtir. L’un but toute l'eau de la mer, l’autre toute l’eau douce, pour complément. Quand ils eurent fini, l’un demeura là (à dormir), l’autre le couvrit de cendres. Le premier se leva pour aller boire, et fit tomber la cendre sur le chemin. Quand il revint, le second se couvrit de la tête du bœuf. Son frère qui allait boire eut peur et s’enfuit ,l4.

Ils se partagèrent l’autre bœuf pour le manger : celui qui avait bu l’eau de la mer but l’eau douce, celui qui avait bu l’eau douce but l’eau de la mer. Quand ils eurent fini leur repas, ils se mirent en route. Ils trouvèrent une vieille femme qui avait de l’argent sur lequel elle était assise. Quand ils arrivèrent, il se battirent. Elle se leva pour les séparer. L’un d’eux s’établit (à sa place) pour passer la nuit il fit semblant d’être mort. La vieille lui dit : « Lève-toi, mon fils. » Il refusa. Le soir, l’un d’eux vola l’argent et dit à son frère : « Debout, partons. » Ils s’en allé-

I I 6 CONTES POPULAIRES BERBERES

rent jusqu’à un endroit où s’endormit celui qui avait pris l’argent. L’autre emporta les dirhems et s’en alla laissant le premier endormi. A son réveil, celui-ci ne trouva rien.

II se mit à la poursuite dé l’autre, et quand il arriva, il le trouva mourant de maladie. Ce dernier avait dit à sa femme r « Enterremoi... » Elle l’enterra. Celui qui {le premier)

avait volé l’argent s’en alla Il dit : « C’est

un bœuf! » — « C’est moi, mon ami. « Il lui cria: « Louange à Dieu, mon ami, que tes jours (se passent) dans le bien. » Beddou lui dit : a Allons à la chasse. » Ils partirent seuls. Beddou ajouta : « Je vais te raser. » Il le rasa, et quand il arriva à la gorge, il l’égorgea et enterra sa tête. Un grenadier poussa à cette place. Un jour Beddou trouva là un fruit qu’il porta au roi. Quand il arriva, il sentit que c’était lourd : c’était une tête. Le roi lui deiùanda : « Qu’est-ce que cela ?» — « Une. grenade. » — « Nous savons comme tu as agi, » dit le roi et il lui lit trancher la tête. ; Mon histoire est finie "6.

LA VIEILLE MOSQUÉE ,,ü ( Cliellia du Sous).

Dans un endroit de Massat existait une mosquée où il y avait trois cent soixante-dix sièges : les docteurs y enseignaient la science. Or jadis un homme apparut et leur dit : « Un prophète viendra dans cet endroit : cette mosquée sera ruinée et il n’en subsistera que le mih’rab. » On dit que lorsque le Mouley Sa’ah devra apparaître, le tambour y résonnera "8.

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