LE TKÉSOR DE GHOUNDJAÏA
(94) J’ai publié dans mon Recueil de textes et de documents relatifs à la philologie berbère (Bulletin de correspondance africaine , 1 885 , p. 38g- 3go) le texte et la transcription de ce récit qui m’a été fourni à Frendah, en i883, par Ould Tedjini.
(g5) On peut rapprocher de ce conte l’anecdote suivante, tirée de Léon l’Africain : « Un noble de Fas m’a rapporté que dix hommes, attirés par la curiosité de voir ce puits (Miat-bir), se munirent d’approvisionnements : trois d’entre eux y péné-
NOTES
trèrent d’abord ; arrivés devant quatre ouvertures, deux choisirent la première, et le troisième s’engagea seul dans la seconde. Après qu’ils s’étaient ainsi divisés et qu’ils s'étaient avancés jusqu’à un quart de mille, un nombre infini de chauvessouris se mit à voler autour des lampes des deux premiers et en éteignit une. Arrivés aux puits, ils trouvèrent les ossements blanchis de plusieurs hommes, ainsi que cinq ou six lampes, quelques-unes neuves, d’autres abîmées par la vétusté. Comme les puits ne contenaient que de l’eau, les explorateurs revinrent par le même chemin : ils étaient à mi-route, quand un coup de vent éteignit subitement la seconde lampe. Après avoir cherché çà et là, fatigués de se heurter toujours dans les ténèbres contre les rochers, les deux hommes perdirent tout espoir : ils se recommandèrent à Dieu en pleurant et jurèrent de ne plus s’exposer à ce péril s’ils arrivaient à s’en tirer. Les autres, ignorant ce qui s’était passé, attendaient devant l’ouverture de la grotte, le retour de leur compagnon. Trouvant.que l’attente avait trop duré, ils s’introduisirent à l’aide d’une corde, allumèrent des lanternes et se mirent, en poussant de grands cris, à la recherche de leurs amis : en$n ils les rencontrèrent remplis d'angoisse, mais ils ne purent retrouver le troisième explorateur qui errait de la même façon; ils le laissèrent donc et sortirent de la grotte. Celui qu’ils avaient ainsi abandonné, après avoir longtemps cherché une issue, entendit à la fin comme un aboiement de petits chiens : il se dirigea de ce côté et rencontra quatre ani-
maux inconnus, et, à ce qu’il lui sembla, nés depuis peu : leur mère, qui les suivait, ressemblait à une louve, mais elle était plus grande. L’homme eut singulièrement peur; toutefois, il n’y avait pas de danger, car l’animal s’approcha de lui au moment où il allait prendre la fuite et le caressa en remuant la queue. Après avoir cherché pendant longtemps, il arriva à une issue et s’éloigna de tout péril ( Africœ descriptio, t II, p. 478- 480).