‹ Contes populaires berbèresChapitre 81 sur 104 · LA VIEILLE ET LA MOUCHE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE ET LA MOUCHE

(g5) Le texte zouaoua de ce conte inédit existe à la Bibliothèque nationale, fonds berbère, n° 17.

(96) Ce conte est de ceux qu’on appelle Randonnées : dans quelques-uns, le dernier terme se trouve être le même que le premier. Ex. La souris métamorphosée en fille (La Fontaine, Fables, ix, 7) : la souris devenue jeune fille est renvoyée du soleil au nuage, du nuage au vent, du vent à la montagne, de la montagne au rat. Cette

NOTES

fable est des plus anciennes, puisqu’on la rencontre dans le Pantchatantra, 1. III, f. i3 ( Pant chatantra ou les Cinq Livres, trad. Lancereau, p. 250-254), le Kathasaritsagara de Somadeva, 1. X, ch. Lxir, p. 146; le Kalilah et Dimnah (éd. de Boulaq, p. 75-76), trad. par Pihan, Choix de fables et historiettes traduites de l’arabe, n° xxxiv; Kalilag und Damnag (éd. Bickell, p. 72-73 de la trad.); le Harivansa (t. II, p. 180); Anvari Soheili de Hussein Vaez Kachefi (éd. Ouseley, p. 3o3); le Humayoun Nameh de ’Alitchelebi (éd. de Boulaq, p. 297); le Stephanitès et Ichnelatès (Specimen Sapientiae Indorum , p. 296-301); Calila e Dymna (P. de Gayangos, Escritores en prosa anteriores al siglo xv, p. 52, De la niha que se torno en rata); dans la version hébraïque attribuée au rabbin Joël (éd. J. Derenbourg, p. 107), Directorium humance vitce de Jean deCapoue (éd. Puntoni, ch. v); Marie de France, 1. II, f lxiv, Muset. La Fontaine, Fables ix, 7. La Souris métamorphosée en fille. Cf. Benfey, Pant s chatantra, t. I, p. 373-378; Wagener, Essai sur les rapports entre les apologues de l'Inde et de la Grèce, p. 92. A ce genre de randonnées se rattachent le conte napolitain de Saint J anvier et le tailleur de pierres qui devient successivement seigneur, cavalier, soleil, nuage, roc et finalement se retrouve dans sa première position, et le conte japonais intitulé le Tailleur de pierres (Marc Monnier, Contes populaires en Italie , p. 366). — D’autres randonnées sont incomplètes, c’est-à-dire ne rejoignant pas leur point de départ : ainsi, outre celle de* la Vieille et la Mouche, celles de

NOTES

Micco en Italie, de Tennisje en Hollande (Marc Monnier, Contes populaires en Italie , p. 89-92); en malgache : Hotity cherchant quelqu’un de plus fort que l’arbre qui lui a cassé la jambe, est renvoyé au vent, à la colline, à la souris, au chat, à la corde, au feu, au fer, à l’eau, à la pirogue, au rocher, à l’homme, au sorcier, au tanguin, à Dieu (J. Sibree junior; Alalagasy Folktaies , Folk-lore Journal , mai 1 884^ ; en kabyle (Rivière, Contes populaires de la Kabylie du Jurjura, p. 137. Le petit enfant); dans le Caucase : Le Pou et la Puce (A. Schiefner, Zwei ossetische Tfiiermœrchen, Mélanges asiatiques de V Académie impériale de Saint-Pétersbourg , t. V, 1864, p. 196 et suiv.) : la puce voulant sauver son compagnon tombé dans une rivière, s’adresse tour à tour au porc, au chêne, au qurghuï, à la poule, à la souris, au chat et enfin à la vache. Cf. en Russie, Afanasiev, Narodnyia roussküa ska^ki, t. IV, n° 16; en Allemagne, Grimm, Kinder und Hausmcerchen, n° 3o, Læuschen und Flohchen; Kuhn et Schwartz, Norddeutsche Sagen, p. 5oq; Meier, Deutsche Volksmœrchen aus Schwaben, n° 80-82; en Toscane, Pitre, Novelli popolari toscane , p. 252-233, Tosetta; à Florence, Imbriani, Novellaja fiorentina, n° xli, il Topo; à Milan, Imbriani, Op.laud ., p. 552, El ratton e el rattin; à Bologne, Coronedi-Berti, Novelle popolari bolognesi, n° x, Fola dèl pudghein ; à Venise, Bernoni, Tradi- %ioni popolari vene\iani, p. 74, Galeto e sor- %eto; à Pistoie, Gherardo Nerucci, Cincelle da bambini , n° jii, Bucchettino ; en Corse, Ortoli,

NOTES

Contes populaires de Vîle de Corse , I, n° xxx, Pedilestu e mustaccina; en Sicile, Pitré, Fiabe, novelle e racconti popolari siciliani, n° 1 35, Nasu di lu sagristanu ; en France, Luzel, dans Mélusine, t. I, p. 356-358, La petite Fourmi qui allait à Jérusalem et la Neige ; Cosquin, Contes populaires de Lorraine, t. II, n° 3q, Poutin et Poutot et les notes, p. 35-qi ; en Algérie, Daumas, Le grand désert , p. 243, reprod. dansCerteux et Carnoy. L’Algérie traditionnelle , t. I, p. 187. Le conte languedocien de Turlendu (P. Sebillot, Contes des provinces de France , p. 317, s’accorde davantage avec le conte berbère du Chacal iRivière. Contes populaires de la Kabylie du Jur jura, p. 79). Une poésie d’Anacréon nous fournit aussi un exemple d’une randonnée de la Grèce antique (Gaidoz, ap. Mêlusine , t. 111, col. 140).

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