XXXVIII. — BOULLOM (i
l'Éléphant et le bouc (2)
'ÉLÉPHANT et le bouc se disputèrent entre eux pour savoir qui mangeait le plus ; ils allèrent trouver le lion afin qu'il décidât. L'éléphant parla le premier, puis la parole fut donnée à son ami. Quand celui-ci eut fini, le lion leur dit :
— Je vais vous conduire dans un vaste champ ; je permettrai au vainqueur d'habiter parmi mes sujets, mais celui qui sera vaincu, qu'il sache bien qu'il ne me verra pas avec ses yeux.
11 les amena dans un vaste champ et s'arrêta pour les regarder. Ils se baissèrent jusqu'à tei^re et broutèrent toute la journée, jusqu'à ce que la nuit arriva ; alors ils allèrent se coucher sur un, rocher et allongèrent leurs membres. Le bouc commença à faire des efforts et à remâcher ses aliments.
(i) Le Boullom est parlé dans la colonie anglaise de Sierra- Leone.
(2) Nylaender, Grammar and Vocahiilary cf thehitllom language, Londres, i8i4,Church Missionary Society, in-12, p. 53-54.
CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE I97
— Qu'est-ce que tu manges encore ? demanda l'éléphant.
— Aïe, Aïe, dit le bouc; je mange le rocher et comme j'ai fini aveccelui-ci, il faut que je prenne du tien.
L'éléphant s'enfuit dans les bois et ne revint plus depuis ce jour-là.
LA CHENILLE ET LA TORTUE DE TERRE (l)
A chenille et la tortue se mirent en route en temps de famine et vinrent dans les contrées voisines. La chenille s'arrêta, regarda d'où il venait le plus de fumée et dit qu'elle voulait aller là-bas; mais la tortue voulut aller là où il n'y avait pas beaucoup de fumée. Toutes les deux se séparèrent. La chenille alla vers l'endroit choisi par elle et trouva seulement beaucoup de bois entassé, mais la tortue trouva beaucoup d'excellents mets préparés. La chenille ne put voir une bonne place pour loger : elle s'éloigna, s'enfuit, alla vers la tortue, trouva qu'elle avait fini de manger et qu'elle remettait
(i) Xyloender, Grammar and Vocahulary cf the huUotn latiguagc, P- 57-59-
ie reste. La chenille arriva, regarda et chuchota:
— Ma bonne amie, viens ici.
La tortue répondit:
— Je ne veux pas ; j'ai travaillé à remplir mon ventre.
— Serres-tu le reste ? demanda la chenille.
— Je n'en ai laissé qu'un peu, dit la tortue..
— Donne-le-moi, apporte-le-moi, que je mange et que je m'emplisse comme toi.
La tortue le lui donna et la chenille l'acheva.
— Vois, ditla tortue; quand tu te promènes avec ton voisin, tu ne dois pas le tromper. Tu pensais que là où il y avait de la fumée, il y avait de la nourriture; tu ne savais pas qu'il n'en est pas ainsi. Si tu avais trouvé quelque chose, tu ne m'en aurais pas donné.